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vendredi 25 juillet 2008

Servilité & humiliation

Quelle est l'image de l'entreprise moderne ?
Aujourd'hui, je pense à ce PDG automobile, marchant d'un pas autoritaire dans un salon suivi à grand-peine par ses nervis... L'oeil est dur, inquisiteur, fermé sur ses innombrables secrets. Ses valets peinent à le suivre, courbés et muets... Plus généralement, l'entreprise ne semble se concevoir que comme une imitation de corps d'armée : inflexible, fermée, ne connaissant que la force. Aucune idée, aucun concept, nulle inventivité ne la fait vibrer. L'entreprise moderne rêve du militaire : muette, virile, cassante.
La forme générée par ce type de rapport "cassant/servile" est une pyramide hiérarchique. Le désir est une chose mimétique, tout le monde désire du pouvoir, le même pouvoir. A l'intérieur d'une unité économique rigide, la seule évolution est la mise en oeuvre d'une ascension dans la hiérarchie : une "carrière". La carrière a cela de particulier qu'elle se moque de l'endroit où elle se pratique : seule la motive sa position dans la pyramide.
Pour "monter", il faut se "rabaisser", surmonter les humiliations et les ordres absurdes qui jouent le rôle d'épreuves de sélection. Le jour où le soumis gagne du galon, il se signale par son sadisme, son désir d'humilier et de semer lui aussi l'injustice dans les rangs afin de sélectionner le sujet en lequel il pourra placer sa confiance... Du croisement de l'humiliation et de servilité naît une forme pyramidale.
D'où cette conséquence que nous ne connaissons que trop, l'entreprise libérale est une censure permanente, un modèle d'abrutissement et le carcan de toute Liberté.

2 commentaires:

jozelon a dit…

Totalement et fondemmentalement d'accord avec vous!!!!!

...et de toute façon, le Travail, tel que l'entreprise et la pensée economique le conçoivent n'est qu'un prolongement de l'esclavage du 19 eme siècle, sous le vernis de l'accés à la consommation ....donc juste une forme d'asservissement de vies entières qui, lorsqu'elles sont quotidiennement essorées dans l'Entreprise, ne cherchent pas à "s'échapper" vers le rêve, toutes les formes de création que chacun à droit et donc l'émancipation individuelle...
;)

chrys a dit…

C'est vrai ce que tu dis Bernard !
Lorsque tu parles comme cela,j'ai l'impression de revoir le film "Brazil" de Gilliam.

Au-delà de ce "système" il doit bien y avoir un monde paisible, non ?
Faudrait-il ne pas prendre la réalité au sérieux et continuer à rêver ?
Mais ne serait-ce pas à cause de ce système répugnant que tu as écrit le magnifique "souffle du rêve" ?