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vendredi 1 août 2008

Impudique ou autobiographique ?

Un ami me reprochait le fait que mes écrits relevaient toujours de l'autobiographie. Pour lui, c'était impudique : ça n'était pas "littéraire" et c'était plus indécent qu'un strip-tease.
 De fait, si j'examine ce qu'il écrivait, j'ai toujours été frappé par la neutralité de ce qu'il écrivait. C'est quelqu'un qui avait du charme, de la séduction et de l'intelligence, sauf dans ce qu'il écrivait. Ses histoires étaient neutres, ses personnages sans force, sans impact, marqués par un souci maniaque de dissimuler leurs secrets. Cet ami était friand de ragots, mais il ne supportait pas la confidence. En rien, il ne se livrait, et en tout, il dépensait de l'énergie pour séduire. Il n'a jamais admis qu'il est impossible d'écrire avec émotion et sincérité de sujets, dont, malgré la morale et la bienséance, nous nous rebattions les oreilles, et autre chose...
 Par exemple, j'avais une histoire qui n'allait pas. Un jour, j'ai compris que le "Je" de cette histoire, qui me ressemblait beaucoup, s'était attribué une ravissante maîtresse, mais ça, ça ne me ressemblait pas. Mensonge bénin?
 J'ai supprimé ce passage, j'ai écrit une histoire plus proche de la vérité, sans amour, avec un "je" solitaire, mais pas honteux de l'être.
 Après cette infime correction, j'ai eu une idée pour la suite, tout naturellement, elle était là depuis longtemps, elle m'attendait en quelque sorte, mais le léger mensonge m'avait coupé de cette idée, et à force, il était devenu un mur infranchissable, jusqu'à ce que je détruise ce mur qui faisait obstacle à mon histoire, et à ma vie : cette histoire est devenue mon second roman, "Le censeur".

1 commentaire:

erik.ghesquiere a dit…

Tous les auteurs sont "auto biographiques" ou tout au moins plongent dans la réalité de leur vie les idées de roman .
Celà ne me semble donc pas contre nature et je soutiens ton idée du "je" comme naturel.

erik