A l'hôpital de jour, en oncologie, terme ô combien discret, où je suis allé recevoir mon traitement, j'ai pour voisin un vieux monsieur atteint d'un cancer, qui reçoit un traitement par perfusion. Il est silencieux et il paraît affaibli.
En hôpital de jour, c'est tout ou rien, le silence parce qu'on pense à une chose qui ne répond pas, qui ne répond jamais et qui hurle en soi, ou le bavardage intense pour s'étourdir. Les messieurs parlent du passé, de leur métier, les dames de leurs cheveux, de leurs enfants... Parfois, c'est assourdissant, et j'ai vu des patients retarder leur passage rien que pour éviter ces caquetages. Aujourd'hui, il y a un monsieur qui raconte sa guerre d'Algérie. La proximité fait que tout le monde en profite. Ça n'est pas inintéressant, d'ailleurs, mais il me saoule.
En hôpital de jour, c'est tout ou rien, le silence parce qu'on pense à une chose qui ne répond pas, qui ne répond jamais et qui hurle en soi, ou le bavardage intense pour s'étourdir. Les messieurs parlent du passé, de leur métier, les dames de leurs cheveux, de leurs enfants... Parfois, c'est assourdissant, et j'ai vu des patients retarder leur passage rien que pour éviter ces caquetages. Aujourd'hui, il y a un monsieur qui raconte sa guerre d'Algérie. La proximité fait que tout le monde en profite. Ça n'est pas inintéressant, d'ailleurs, mais il me saoule.
Détaché de ces gens, mon voisin se tait, il grignote un petit-beurre et semble perdu dans ses pensées. Arrive une dame, charmante qui le distingue entre tous, lui donne son nom et qui se présente, nutritionniste, elle est venue lui donner des conseils pour s'alimenter. La conversation ronronne, le monsieur parle faiblement, plaintivement.
La nutritionniste lui demande :
— Quel âge avez-vous ?
— Quatre-vingt sept ans — et soudain sa voix devient nette, claire, presque exigeante — vous savez, ajoute-t-il, j'aimerais bien encore tenir deux ans !
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