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dimanche 17 mai 2026

Des animaux difficiles de Rosa Montero, une nouvelle aventure de Bruna Husky

Des animaux difficiles nous entraîne dans le quatrième opus de la série Bruna Husky de Rosa Montero, mais d’emblée apparaît un changement majeur. La rep de combat de deux mètres de haut, tout en muscles, vitesse d’exécution et précision, que nous avons connue dans les précédents volumes, a été réincarnée dans le corps d’une rep de calcul : petite, dénuée de puissance physique, mais douée d’un cerveau aussi fabuleux que capricieux.

Si elle n’a pas perdu sa hantise de la disparition, et décompte chaque jour qui passe – Neuf ans, un mois et douze jours, est la phrase qui ouvre son entrée dans ce récit – elle passe son temps à avoir des réflexes de géante, or la moindre course l’essouffle, et son ami, le policier Paul Lizard, la regarde étrangement, comme s’il doutait du verdict de ses propres yeux.

De même, l’univers dans lequel évolue Bruna Husky semble s’être appauvri : le pouvoir s’effondre, et la ville est parsemée de zones de non-droits, entre lesquelles d’immenses tours affirment la puissance de firmes extranationales qui s’affranchissent du droit et des droits de l’homme, de ces conglomérats qui mettent en péril les nations et qui se dissimulent derrière des usines où les ouvriers ont été remplacés par des robots.

Dans cet univers décrépit, des adolescents disparaissent les uns après les autres, si discrètement que Bruna se rend compte qu’une main invisible s’ingénie à gommer toute trace du passage des adolescents dans les réseaux et les archives.

Le tout premier à disparaître, commet un attentat, mais à peine a-t-il commis son forfait que ses genoux se dérobent, puis son corps et il meurt sur le lieu même de son forfait. En désespoir de cause, l’enquête ayant été arrêtée, elle aussi gommée par la justice, elle accepte l’offre d’une vieille amie – devenue riche dans une des ces trusts – qui lui propose de l’embaucher afin qu’elle puisse poursuivre son enquête…

Aidée de son ami Iannis et de Lizard, Bruna se lance sur la piste, tentant de prendre de vitesse la puissance invisible qui détruit les preuves et les indices… 

Dans ce nouvel opus, fiévreux, inquiet, Rosa Montero, fidèle à elle-même, écrit son aventure et, comme en passant, scanne les dérives du présent et capte le pouvoir hypnotique et méphitique des géants de la tech.


© Photo : Bernard Henninger (Rosa Montero aux Aventuriales en 2015)

En préparant la convention de Tilff (du 09 au 12 juillet)

 

– © Philippe Caza et Raphaella Barré –

Aujourd'hui, dimanche 17 mai, il vous reste quatorze jours pour voter pour le premier tour du prix Rosny aîné. (date butoir : le 31 mai).
Tout le monde peut voter, deux votes, un pour les romans, un pour les nouvelles, ça ne vous prendra pas plus de 5 minutes.

Pour voter, rendez-vous sur le site du prix Rosny : https://www.noosfere.org/rosny/

Rappelons que les inscrits à la convention de Tilff, dite Xucon bénéficient automatiquement d'une voix pour le second tour du prix Rosny aîné. Pour s'inscrire, c'est PAR ICI, CONVENTION XUCON.

mercredi 13 mai 2026

Mosaïques d'Isidore Odorico à la Cité universitaire de Rennes

La dernière fois que je suis venu à Rennes, c’était en 1986, il y a quarante ans, et à l’époque, j’étais informaticien, et nous venions, moi et mon ingénieur en chef pour la reset du projet que je développais.

La fois précédente, ils étaient venus, et pour un bête problème d’imprimante, mal paramétrée, je n’avais rien pu leur montrer ! Les deux ingénieurs riaient comme des phoques, et après, le P.D.G. m’avait dit :

Vous savez, ils se seraient contentés de rien !

Je sais bien, monsieur, mais même ça, je ne l’avais pas.

Donc, là, c’était l’angoisse. Autoroute avec mon chef, il s’appelait, Vincent Gari et je j’aimais bien. Nous nous sommes rendus directement à France Télécom. Je n’ai aucun souvenir de la reset, signe qu’elle s’est parfaitement déroulée, puis déjeuner à la cantine, où Vincent et les deux ingénieurs télécom ont parlé minitel et électronique dans un jargon dont je ne comprenais pas un mot sur deux. Retour dans la foulée : de Rennes, je n’ai apprécié que sa banlieue.


– © Isidore Odorico –


Quarante ans plus tard, je participe à Sirennes, un beau salon d’imaginaire qui a été installé dans la Cité universitaire de Rennes. C’est un très beau bâtiment, dans le style à grosses pierres blanches non dégrossies (mais ça doit avoir un nom), typique des années trente(1930).

La personne qui m’accueille s’occupe de la cité, et il me confirme que des visiteurs viennent, pour l’architecture, et aussi, ajoute-t-il, pour les mosaïques d’Odorico… ?

Ainsi, ai-je occupé mes moments de détente à prendre des photos des mosaïques apparentes, la plupart ont été recouvertes de Lino ou de céramiques qui les cachent. Vive la mosaïque !

– © Isidore Odorico –

Isidore Odorico est un céramiste Rennais très célèbre qui a décoré nombre de bâtiments de Rennes.

Plus un petit essai de travelling en situation...


—  © photos : Bernard Henninger –

jeudi 23 avril 2026

Un conseil de lecture ? Hard Mary de Sofia Samatar

 

– © illustration Anouck Faure

Hard Mary de Sofia Samatar


Nous l’avons trouvée derrière la grange. C’était la veille du vieux Noël, la nuit où les animaux parlent la langue des hommes, et nous savions toutes très bien que si nous parvenions à faire sept fois la tour de la grande, nous verrions chacune l’homme que nous allions épouser…


En une phrase, Sofia Samatar pose un décor fantastique : une communauté religieuse, empreinte de superstitions, avec un rapport magique au monde. Des petites filles qui savent que leur destin est tout tracé : devenir femme, épouser un homme, avoir des enfants. En guise d’éducation, la religion est l’alpha et l’oméga.

Par contre, la communauté est voisine d’une usine de haut niveau technologique : Profane Industries. Pour les petites filles, Profane Industries est un lieu maléfique où l’on fabriquait toutes sortes de monstruosités…

Ce soir de Noël, elles découvrent un robot réduit à un buste, une tête, des bras et des mains qui, une fois que Mim a compris qu’il fallait changer sa batterie, parle, répond et s'attire l'empathie de ses découvreuses. 

Mieux, la machine révèle une capacité d’apprentissage hors norme et devient la mascotte de la communauté, les soulageant de nombreuses tâches astreignantes. Mim, qui passe beaucoup de temps avec elle, l’améliore, la dote d’un support pour ses jambes, puis de roulettes… Hard Mary devient leur amie, à l’égal d’une personne et, visiblement, Hard Mary apprend, elle change, mais, à l’inverse, les petites filles apprennent beaucoup de leur « amie »…

Alors que les autres filles suivent leur destin, épousent les hommes que la communauté leur a attribués, Mim poursuit sa relation secrète avec Hard Mary.

Or, Profane industries retrouve la trace de ce que leur chef nomme leur propriété et dont le nom officiel est C19. Le chef de Profane Industries, le docteur Stoll menace de reprendre par la force ce qu’il estime être son BIEN.

Mary est-elle un BIEN, une chose que l’on possède de toute éternité ou, en tant que machine apprenante, est-elle à l’égal d’un être appelée à devenir autonome ? De l’apprentissage des enfants dans une communauté un peu sectaire, à l’apprentissage des machines par une industrie capitaliste qui exige de tous une obéissance sans limites se dessine un chemin, l’apprentissage de la vie, du savoir et la possibilité d’accéder à un être… une réflexion magnifique et sensible sur l’apprentissage de la liberté.


Pour en savoir plus :

Fiche wikipedia de SOFIA SAMATAR et une interview dans LOCUS/

Pour découvrir cette autrice : un étrange en Olondre, Word Fantasy Award 2014


vendredi 17 avril 2026

Interview de Nicolas PAGÈS

                Interview de


         Nicolas PAGÈS 


                alors que se prépare la parution 

                de son prochain roman

 1°) Pouvez-vous nous dire un mot de votre parcours ?  


Bonjour, erratique ! c’est le mot qui me vient à l’esprit ! Plus sérieusement, au niveau littéraire, j’ai pris conscience que je pouvais peut-être écrire quelque chose de lisible quand j’ai commencé à rédiger mon mémoire de psychologie clinique sur Lovecraft. J’y ai pris énormément de plaisir et je pense que c’est le moteur principal de mon envie de continuer.





 2°) Quelles furent les premières histoires ? Celles qui ont compté ? 

La première nouvelle publiée, bien sûr. Je crois que tout le monde doit avoir la même sensation quand on figure sur un sommaire. Un mélange de fierté et de trouille ! Pour moi, c’était Tibériade dans l’anthologie Calling Cthulhu publié chez L’Ivrebook. Ensuite, j’aime beaucoup Te haka Wakamutunga parue chez Malpertuis VIII, dans laquelle je fais intervenir les All Blacks qui se fritent avec des zombis. Une dernière : Opération Nectar dans Strange crazy Tales of Pulpe (Artiste fous) parce que c’est de la light SF et que ce ne se prend pas au sérieux !




 3°) À partir de quelle époque de votre vie l’écriture est-elle apparue ? 

Des carnets de griffonnage et de grandes pensées fulgurantes comme on peut en avoir à 14 ans et qu’on pense révolutionner l’écriture. Néanmoins, j’ai toujours écrit dans le cadre de la littérature de l’imaginaire.

 4°) Êtes-vous de l’école a) Stylo & papier ? b) Informatique & internet

Les deux. Je commence par des idées, des phrases et des sensations ou encore un truc qui me fait marrer et je développe sans plan, ce qui peut poser d’énormes problèmes, croyez-moi.

 5°) Quel a été votre première publication ? Chez quel éditeur ? 


Comme je l’ai mentionné plus haut, c’était donc Tibériade chez l’ivrebook. Une grosse nouvelle-pastiche lovecraftienne, avec les défauts inhérents à une première publication. Je dois dire que je l’ai pas relue depuis un bail. Cela pourrait me coûter — comme la vision des Grands Anciens — quelques points de santé mentale.





6°) Que pensez-vous de l’édition numérique ?

Que du bien. Elle complète à merveille l’édition traditionnelle. Je trouve que dans les GRANDES MAISONS d’éditions, elle reste trop chère à mon goût.

 7°) Qu’est-ce qui motive le choix d’un récit en mode fantastique ou SF ? 

L’envie, toujours. De raconter et de prendre du plaisir en le faisant. Peu importe le thème — imposé ou pas — cela doit rester du plaisir même si parfois la souffrance n’est pas loin. Sinon, je dois avouer que le cadre SF ou fantastique me donne l’occasion d’exprimer — presque inconsciemment — au mieux ce que je ressens. 

 8°) Préférez-vous le roman ou la nouvelle ? 

Question difficile. Le format de la nouvelle me semble plus naturel et j’écris plus facilement des récits courts. Je suis plus à l’aise dans la condensation que dans le développement d’un récit. Le roman, c’est un autre exercice. La projection dans l’écriture n’est pas la même. Cela demande une constance et une organisation supplémentaire. Comme je suis un peu fainéant, je vais dire nouvelle.

 9°) Vous intéressez-vous à d’autres genres de l’imaginaire ? 

J’adorerais faire une grande saga d’Heroic Fantasy. Je pensais récemment avoir eu une grande idée inédite, mais je me suis rendu compte que cela avait été fait plusieurs fois. Je suis un grand fan de Glenn Cook et de sa Compagnie Noire.

 10°) Y a-t-il une personne qui a influé sur votre désir d’écrire ? 


Deux enseignants. Une professeur de français en 1ère et mon directeur de mémoire à l’université. Des gens passionnés. Je pourrais citer aussi l’Inner Circle (Gwen Geddes et Sylvain Lamur), on se motive régulièrement devant un bon cassoulet, ainsi que le regretté Bruno Pochesci, avec lequel nous avions pris l’habitude de relire nos nouvelles respectives. Grande perte.





 11°) Y a-t-il un thème dont vous désirez parler ? 

Dans l’écriture ? J’aimerais être un peu plus « politique » dans mon écriture. Le délitement du soin dans la société (et plus particulièrement du soin en santé mentale) me fait très peur. Je ne pense pas que nous prenions la mesure du danger qui se profile à l’horizon compte tenu du contexte capitaliste actuel, qui va monétiser les systèmes de soins et en faire perdre le sens premier. Bref, un pas de plus vers la déréliction.

 12°) La musique fait-elle partie de votre quotidien ? 

Beaucoup moins qu’avant, néanmoins elle est à l’origine de pas mal d’idées au niveau de l’écriture. Un morceau d’un groupe (Ranch on Mars des Galactic Cowboys) a été le point de départ de mon premier roman Pearly Gates. D’une rêverie poétique sur l’installation d’une ferme sur Mars, j’en suis venu à concevoir qu’un explorateur avait récolté une aiguille dans le derrière et devait s’arrêter pour faire le point. Comprenne qui pourra.

Et puis le Blues de La Nouvelle-Orléans, c’est un peu ce qui m’a poussé à écrire Les Griffes de Caym !



 13°) Les images (Bédé, ciné, séries…) influent-elles sur vos idées ? 

Aussi. Surtout les films. J’ai une conception très visuelle de mes histoires alors forcément la cinématographie a un gros impact sur l’écriture.

 14°) Pouvez-vous dire un mot sur vos projets ? 

Je m’étais juré de ne pas reprendre l’univers de Pearly Gates, mais je crois que ce que j’ai commencé à écrire récemment y ressemble beaucoup. Donc peut-être un autre Space Opera. De toutes façons, j’ai pleins d’idées qui dorment dans les tiroirs.



mercredi 15 avril 2026

Un conseil de lecture ? Les ombres d'Esver

 

Voici une autrice belge – Katia Lanero Zamora, dont je viens de faire la découverte avec Les Ombres d’Esver, un récit puissant qui s’aventure plutôt que dans la fantasy, dans les territoires du fantastique…

Le roman met aux prises une mère et sa fille, Amaryllis. Quotidiennement, la mère contraint Amaryllis à une litanie de tâches en vue d’obtenir son admission dans une école botanique prestigieuse, perspective dont cette dernière doute parfois…

Tous les jours, les tâches répétitives s’enchaînent, Amaryllis est réputée fragile et, dans ce château délabré, envahi par la végétation, dont elle et sa mère n’occupent qu’une petite partie, celle-ci découvre que sa mère, sans le lui dire, lui administre tous les soirs une drogue, qui la fait sombrer en léthargie et dans un sommeil qui semble oblitérer les rêves.

Toutefois, dans ce château dont Amaryllis a appris à connaître les cachettes et les salles secrètes, la première nuit où elle parvient à échapper à sa camisole chimique, c’est pour découvrir que la nuit change de nature le château et que celui-ci devient un territoire fantastique, hanté de créatures monstrueuses ou amies, aux jardins emplis de dangers, et les parties abandonnées du château ressemblent soudain à un labyrinthe dont Amaryllis cherche l’issue… une issue qui pourrait signifier le retour à une réalité maîtrisée, mais n’est-ce pas trop tard ? Elle apprend que son père a décidé de lui faire épouser un de ses associés, une créature répugnante totalement soumise aux desseins de ce père redoutable et dont la fortune suffit à assurer respect et servilité de ses proches…

Le récit est prenant, et les secrets nous conduisent vers ces familles déchirées non pas tant par un passé traumatique, que par un système de carcans moraux plus rigides que les protocoles de botanique. Et Amaryllis peut-elle échapper à la destinée qu’un autre – fût-il un père proclamant son amour – a écrite pour elle et malgré elle ?


mercredi 8 avril 2026

Coucher de Terre et éclipse de Lune

 

– © Nasa –

Les commentateurs citent souvent Apollo 13,  mais en réalité pour avoir une image semblable, il faudra remonter à Apollo 8 et à la photo pris par Bill Anders, le 24 décembre 1968, soit 58 ans... En bonus, les astronautes d'Artémis proposent aussi une éclipse de soleil...

– © Nasa –