Interview de
Nicolas PAGÈS
alors que se prépare la parution
de son prochain roman
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1°) Pouvez-vous nous dire un mot de votre parcours ?
Bonjour, erratique ! c’est le mot qui me vient à l’esprit ! Plus sérieusement, au niveau littéraire, j’ai pris conscience que je pouvais peut-être écrire quelque chose de lisible quand j’ai commencé à rédiger mon mémoire de psychologie clinique sur Lovecraft. J’y ai pris énormément de plaisir et je pense que c’est le moteur principal de mon envie de continuer.
2°) Quelles furent les premières histoires ? Celles qui ont compté ?
La première nouvelle publiée, bien sûr. Je crois que tout le monde doit avoir la même sensation quand on figure sur un sommaire. Un mélange de fierté et de trouille ! Pour moi, c’était Tibériade dans l’anthologie Calling Cthulhu publié chez L’Ivrebook. Ensuite, j’aime beaucoup Te haka Wakamutunga parue chez Malpertuis VIII, dans laquelle je fais intervenir les All Blacks qui se fritent avec des zombis. Une dernière : Opération Nectar dans Strange crazy Tales of Pulpe (Artiste fous) parce que c’est de la light SF et que ce ne se prend pas au sérieux !
3°) À partir de quelle époque de votre vie l’écriture est-elle apparue ?
Des carnets de griffonnage et de grandes pensées fulgurantes comme on peut en avoir à 14 ans et qu’on pense révolutionner l’écriture. Néanmoins, j’ai toujours écrit dans le cadre de la littérature de l’imaginaire.
4°) Êtes-vous de l’école a) Stylo & papier ? b) Informatique & internet ?
Les deux. Je commence par des idées, des phrases et des sensations ou encore un truc qui me fait marrer et je développe sans plan, ce qui peut poser d’énormes problèmes, croyez-moi.
5°) Quel a été votre première publication ? Chez quel éditeur ?
Comme je l’ai mentionné plus haut, c’était donc Tibériade chez l’ivrebook. Une grosse nouvelle-pastiche lovecraftienne, avec les défauts inhérents à une première publication. Je dois dire que je l’ai pas relue depuis un bail. Cela pourrait me coûter — comme la vision des Grands Anciens — quelques points de santé mentale.
6°) Que pensez-vous de l’édition numérique ?
Que du bien. Elle complète à merveille l’édition traditionnelle. Je trouve que dans les GRANDES MAISONS d’éditions, elle reste trop chère à mon goût.
7°) Qu’est-ce qui motive le choix d’un récit en mode fantastique ou SF ?
L’envie, toujours. De raconter et de prendre du plaisir en le faisant. Peu importe le thème — imposé ou pas — cela doit rester du plaisir même si parfois la souffrance n’est pas loin. Sinon, je dois avouer que le cadre SF ou fantastique me donne l’occasion d’exprimer — presque inconsciemment — au mieux ce que je ressens.
8°) Préférez-vous le roman ou la nouvelle ?
Question difficile. Le format de la nouvelle me semble plus naturel et j’écris plus facilement des récits courts. Je suis plus à l’aise dans la condensation que dans le développement d’un récit. Le roman, c’est un autre exercice. La projection dans l’écriture n’est pas la même. Cela demande une constance et une organisation supplémentaire. Comme je suis un peu fainéant, je vais dire nouvelle.
9°) Vous intéressez-vous à d’autres genres de l’imaginaire ?
J’adorerais faire une grande saga d’Heroic Fantasy. Je pensais récemment avoir eu une grande idée inédite, mais je me suis rendu compte que cela avait été fait plusieurs fois. Je suis un grand fan de Glenn Cook et de sa Compagnie Noire.
10°) Y a-t-il une personne qui a influé sur votre désir d’écrire ?
Deux enseignants. Une professeur de français en 1ère et mon directeur de mémoire à l’université. Des gens passionnés. Je pourrais citer aussi l’Inner Circle (Gwen Geddes et Sylvain Lamur), on se motive régulièrement devant un bon cassoulet, ainsi que le regretté Bruno Pochesci, avec lequel nous avions pris l’habitude de relire nos nouvelles respectives. Grande perte.
11°) Y a-t-il un thème dont vous désirez parler ?
Dans l’écriture ? J’aimerais être un peu plus « politique » dans mon écriture. Le délitement du soin dans la société (et plus particulièrement du soin en santé mentale) me fait très peur. Je ne pense pas que nous prenions la mesure du danger qui se profile à l’horizon compte tenu du contexte capitaliste actuel, qui va monétiser les systèmes de soins et en faire perdre le sens premier. Bref, un pas de plus vers la déréliction.
12°) La musique fait-elle partie de votre quotidien ?
Beaucoup moins qu’avant, néanmoins elle est à l’origine de pas mal d’idées au niveau de l’écriture. Un morceau d’un groupe (Ranch on Mars des Galactic Cowboys) a été le point de départ de mon premier roman Pearly Gates. D’une rêverie poétique sur l’installation d’une ferme sur Mars, j’en suis venu à concevoir qu’un explorateur avait récolté une aiguille dans le derrière et devait s’arrêter pour faire le point. Comprenne qui pourra.
Et puis le Blues de La Nouvelle-Orléans, c’est un peu ce qui m’a poussé à écrire Les Griffes de Caym !
13°) Les images (Bédé, ciné, séries…) influent-elles sur vos idées ?
Aussi. Surtout les films. J’ai une conception très visuelle de mes histoires alors forcément la cinématographie a un gros impact sur l’écriture.
14°) Pouvez-vous dire un mot sur vos projets ?
Je m’étais juré de ne pas reprendre l’univers de Pearly Gates, mais je crois que ce que j’ai commencé à écrire récemment y ressemble beaucoup. Donc peut-être un autre Space Opera. De toutes façons, j’ai pleins d’idées qui dorment dans les tiroirs.
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