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jeudi 27 décembre 2018

Ultima Thulé, « nouvel horizon » du Nouvel An ?

En attendant que les Chinois donnent des nouvelles de l'alunissage en cours de Chang'e 4, nos amis Américains de la NASA ont prévu un petit feu d'artifice pour la nouvelle année avec la sonde New Horizons (qui a survolé Pluton, il y a deux ans). Depuis, la mission se dirige vers un objet inconnu dans la ceinture de Kuiper, il répondait au doux nom de 2014MU69, mais il a été rebaptisé depuis "Ultima Thulé".
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Depuis deux ans, les astronomes ont profité par deux fois d'occultation d'étoiles pour l'observer: en particulier, on ne sait rien de sa forme. Les expériences ont longtemps hésité pour savoir s'il était composé de deux corps en orbite l'un autour de l'autre, (comme Pluton et Charron). Ce qu'on a vu, c'est le gif ci-dessous :
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Aux dernières nouvelles, il s'agirait d'un objet tout en longueur : soit un gros cigare, soit deux corps sphériques agglomérés, soit, à l'exemple de Tchourioumov-Gerasimenko, un gros cacahuètoïde... Son diamètre est estimé à 30-45 kilomètres, il orbite à 45 unités astronomiques, près de 7 milliards de kilomètres de nous...
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La ceinture de Kuiper commence au-delà de l'orbite de Neptune, et on pense qu'il s'agit d'un vestige de la formation du système Solaire. À l'instar de la ceinture d'astéroïdes entre Mars et Jupiter, elle a une forme d'anneau, elle s'étend de 30 à 55 unités astronomiques, et elle comprend un grand nombre de corps, dont ces mystérieuses planètes naines dont nous savons le nom et c'est presque tout : Eris,  Hauméa, Makemake, Quaoar, Varuna... Les clichés qu'effectuera New Horizons seront, si tout se passe bien les premières images d'un objet de la ceinture de Kuiper : si on pousse le raisonnement, Pluton serait en quelque sorte le gardien de la ceinture, alors qu'Ultima Thulé est en plein milieu.
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Et au-delà ? Il y le nuage d'Oort, plus sphérique, mais dont on ne sait rien et qui marque la dernière réserve de corps du système solaire. Dans le voisinage, pourrait également se trouver une planète tellurique géante... pour l'instant c'est une hypothèse, mais je connais certain écrivain qui se réjouirait de cette découverte... 
© Hypothèse d'une neuvième planète...

vendredi 23 mars 2018

Longévité de la curiosité

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- Toutes les photos et vidéos sont créditées : NASA / JPL / Caltech
 Programmé initialement pour fonctionner deux ans, le rover Curiosity a fêté ses 2000 SOL (jour martien, un peu plus long qu'un jour terrestre), il roule sur la planète Mars depuis le 12 août 2012, et malgré une usure importante de ses roues, il continue son chemin.
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 En particulier, son instrument ChemCam, français (Toulousain même) est toujours extrêmement perfomant : combinant un laser et un spectromètre, il permet d'analyser les éléments chimiques vaporisés.
 Si la réussite de ce programme pouvait inciter des décideurs à rêver l'espace en plus grand... (ci-dessous une vidéo décrivant le cheminement du petit curieux (912 kg quand même, ce fut un gros bébé et un atterrissage spectaculaire)
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lundi 14 mars 2016

Lancement EXOMARS 2016

Aujourd'hui, suivez en direct le lancement d'EXOMARS 2016, horaire prévu : 10 H00 :
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POur plus d'explications, voici les explications du CNES, ces vidéos pédagogiques sont remarquables !

jeudi 10 mars 2016

Ne vous fiez pas au Ciel qui dort (revue de presse)

Pour le ciel, pas d'actualité brûlante ou plus brillante que le projet de Code du Travail qui oblitère les autres cette semaine, mais il y a matière, pour l'esprit à s'envoler un tout petit peu : dressons une liste — non limitative — de quelques attentes.
L'ESA — l'Europe donc — est engagée dans la mission martienne franco-américano-russe. Une fusée doit décoller le 14 mars de Baïkonour, avec Exomars : Exomars comporte un orbiteur et un atterrisseur, ce qui, pour l'Europe, sera une grande première : (quoique, Huyghens a bien atterri sur Titan, et Philae sur Rosetta, « un peu cassés la margoulette », sans parler d'un vieil et cuisant échec martien) : Schiaparelli montre à l'envie que l'ESA veut et peut être capable de faire atterrir un visiteur mobile sur Mars. (et que ce problème n'est pas simple !)
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Le tour du monde de SI2 s'est arrêté l'an passé après qu'il eut accompli un exploit, cinq jours de vols en continu qui l'ont conduit de Nagoya à Honolulu. Mais, après cette première mondiale, l'avion solaire présentait des avaries si importantes que la mission a été suspendue pour de longs mois... En particulier, les batteries ont souffert du froid des hautes altitudes et elles ont été revues et modifiés.
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Un mail m'annonçait le 9 mars que Solar Impulse s'apprête à voler à nouveau : les équipes se sont employées à réparer les avaries, et à remplacer les pièces fragiles. Deux vols dans le ciel hawaïen ont permis de qualifier les réparations et d'autoriser la libellule solaire pour la poursuite de son merveilleux tour du monde. À suivre...
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LAS, BUT NOT LEAST : L'IDÉE VILLAGE D'UN VILLAGE LUNAIRE CONTINUE SON BONHOMME DE CHEMIN...
« J'ai l'intention de construire une base permanente sur la Lune: ce sera une station ouverte pour différents Etats participants, des pays des quatre coins du monde. » explique posément le nouveau directeur général de l'ESA, Jan Wörner. Le village ! voilà une riche idée et une bonne modélisation de ce qu'est l'Europe aujourd'hui.
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L'idée présente une ouverture originale : chaque nation pourrait apporter sa contribution, sous la forme d'une nouvelle maison... une auberge espagnole, à l'échelle mondiale, en quelque sorte, où le village ne deviendrait que ce que chacun est prêt à contribuer...
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 Récemment, l'ESA a démontré sa capacité à manipuler la communication... Si la communication ne sert qu'à magnifier des projets destinés à ne jamais aboutir, grand est le risque de retourner contre elle la désillusion des rêveurs, naïfs, peut-être, mais aussi fatigués de la vanité des promesses. Mais si, à force de patience et de travail, elle mène à des aventures aussi motivantes qu'ont été Cassini, Rosetta, alors...
 Avec des imprimantes 3D, qui se serviraient du régolithe lunaire comme matériau de construction, il faudra peut-être vingt ans pour que ce projet aboutisse, mais il serait un excellent vecteur de développement d'un spatial qui vise à la marche suivante, de la banlieue de la Terre à l'orbite lunaire, un pas, un petit pas pour l'humanité...

jeudi 28 mai 2015

Pluton par New Horizons

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Il m'a fallu une heure d'observation pour comprendre qu'il s'agit là des mêmes photos : à gauche, l'original, brut, avec les étoiles en arrière-plan, au milieu la photo dont on a gommé l'éclat de Pluton et enlevé les étoiles fixes en arrière-plan, pour ne garder que les orbites des lunes de Pluton : si elle est une planète naine, d'une taille inférieure à la Lune, et à la faible masse, on lui a découvert, en plus de Charron son satellite le plus proche, quatre autres lunes ici repérées, à partir de la seconde image (qui comporte quatre clichés en boucle, si vous regardez attentivement) :
 • Styx, infime point gris, (à l'intérieur)
 • Nix, seconde lune à plus forte luminosité, 
 • Kerberos, la troisième (à peu près aussi indiscernable que Styx)
 •  et Hydra, plus volumineuse (après Charron)
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Les plus courageux pourront lire l'article de la NASA dont je tire ce billet. Voyageant à grande vitesse, New Horizons n'aura pas le temps de tirer trop de portraits de ce qui est pour l'instant la dernière planète du Soleil, avant la grande ceinture de Kuiper (Kuiper's Belt) et le nuage d'Oort... mais jusqu'en juillet 2015, date à laquelle la sonde traversera le système plutonien par la tranche, nous devrions découvrir d'autres vues saisissantes des enfers glacés des confins...
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Tandis que j'écrivais cet article, la NASA publiait ce matin trois photos, mises en relation avec les mêmes vues, prises un mois plutôt : là, le fond a été nettoyé, la planète redressée sur son axe vertical et revisitée par des algorythmes de lissage : la NASA précise bien de ne pas prendre pour argent comptant l'apparence précise, un peu patatoïde, avec des zones grises et d'autres blanches, qui sont peut-être véritables, mais qui demandent d'autres vues avant d'être confirmées. New Horizons est encore à une distance comprise entre 75 et 80 millions de kilomètres avant de traverser le système plutonien...
 Pour la rotation, la période de Pluton sur son axe vaut environ 6,4 de nos jours : donc avec une photo tous les deux jours, c'est un peu comme si Pluton avait effectué une rotation de 120 degrés entre deux photos.
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Pour un néophyte comme moi, j'aperçois une tâche blanche dans les latitudes Sud, qui n'apparaît que sur un seul cliché, et qui se confirme sur les deux séries de clichés. À l'hémisphère Nord, une importante zone claire assez découpée semble également se détacher...
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jeudi 3 juillet 2014

Capturer un astéroïde (les projets de la NASA)

La NASA a récemment présenté une liste de projets qu'elle soutenait, mais un seul d'entre eux a focalisé l'intérêt des média, comme Le Monde ou les grands journaux télévisés, car l'idée est spectaculaire : pour les autres projets, le mieux est de consulter l'article que leur a consacré Air et Cosmos.
De quoi s'agit-il ? Des missions pour lesquelles la NASA vient d'attribuer un budget d'études pour l'année 2014, douze projets ont reçu chacun 100 000$. Plusieurs émanent de centres directement reliés à la NASA, comme le Jet Propulsion Laboratory de l'université Caltech de Pasadena : la conception d'un drône pour explorer l'atmosphère de Titan, visualiser les grottes lunaires à l'aide d'une nouvelle méthode d'analyse de la lumière, ou l'utilisation de harpons qui seraient lancés sur des astéroïdes afin d'utiliser leur énergie cinétique, un sous-marin pour explorer les lacs de Titan... Les idées sont exotiques, mais rien à côté du plus spectaculaire :
Développé par une entreprise privée, Tethers Unlimited, il propose de capturer un astéroïde, et de le placer dans une orbite facilement accessible afin de l'étudier. L'idée est séduisante :
  1. Repérer un astéroïde convenable : pas trop gros, (mais accessible par l'astronomie), pas trop oblong, pas trop en rotation sur lui-même... Au stade de nos connaissances : une perle rare. 
  2. Équiper la capsule Orion, actuellement en développement, d'un grand filet — une membrane — capable de se déployer et d'enrober l'astéroïde cible.
  3. Propulser l'astéroïde sur une orbite accessible : soit à un point de Lagrange (où un objet orbite de manière immobile par rapport à l'orbite de la Terre autour du soleil), soit sur une orbite stable autour de la Lune.
  4. Envoyer des astronautes sur cet astéroïde afin de l'étudier.
  5. Enfin, amorcer des études de sécurité, sur la meilleure manière de contrôler un objet céleste qui menacerait de percuter la Terre.
Remarque première : ce projet obligera ses participants à développer un vaisseau capable de se propulser dans l'espace, et d'effectuer des allers et retours autour de l'orbite terrestre, donc avec une autonomie plus importante que ce qui est aujourd'hui possible. 
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 Sur le site du monde, un journaliste, Pierre Barthélémy, dans son blog, Passeur de sciences, détaille les oppositions que ce projet, parmi les douze, suscite. La principale accusation vient de ce que la NASA profite de cette annonce pour réaliser une opération de lobbying pour un projet qui concurrence celui du « lobby martien ».
 D'autres reprochent au projet sa faisabilité : trouver un astéroïde répondant à ces spécifications sera un exploit, développer le filet aussi, et les études de sécurité nécessiteront au fond un investissement beaucoup plus lourd, à long terme : reproches mineurs.
 Surtout, ce projet s'oppose de manière frontale au désir d'une part importante de la communauté spatiale de lancer la colonisation de Mars, défendue, par exemple, par le  deuxième astronaute à avoir marché sur la Lune, Buzz Aldrin.
 Le lobby martien, puisqu'il faut bien le nommer, entend envoyer au plus vite une mission habitée vers Mars, soit un voyage de six mois à l'aller, deux années terrestres de vie sur place en attendant le contexte favorable du retour sur terre, toujours en six mois. Une version intermédiaire, développée par le milliardaire Dennis Tito défend le principe d'un voyage aller-retour d'un module habité vers Mars, qui se contenterait de quelques orbites autour de la planète rouge. (donc une année de voyage en totale autonomie...)
 Or, le président Barack Obama a nettement exprimé sa préférence pour cette idée de capture d'un astéroïde, moins prestigieuse, mais riche de développements ultérieurs. Monter une marche à la fois, plutôt que de sauter l'escalier d'un seul coup. 
 Deux projets de cette envergure peuvent difficilement co-exister. Ce qui sous-tend le projet de capture d'astéroïde, tient dans le développement et le test de technologies progressives et la possibilité d'explorer des champs de recherche nouveau... Derrière ce projet, il n'y a pas un mais plusieurs champs de recherches qui s'ouvriront. De plus, il obligera à :
  1. Développer un moteur avec une propulsion satisfaisante. Un voyage vers Mars, nécessite une propulsion qui réduira la durée des voyages : trois mois, ou un, au lieu de six, mais le vaisseau capable de cette prouesse devra pouvoir accélérer et freiner.
  2. Explorer la banlieue de la Terre, et notamment les objets célestes qui croisent son orbite. Dans les années soixante, les astronomes estimaient leur nombre à une centaine. Or, des études récentes montrent qu'environ 9000 astéroïdes orbitent dans le même plan que la Terre : certains sont menaçants, et la tentation est grande d'aller étudier ces objets relativement proches : au-delà d'une simple orbite lunaire, mais à une distance inférieure à ce que nécessitera un voyage martien. Le bac à sable semble suffisamment grand pour pouvoir s'y amuser (toute l'orbite terrestre et sa banlieue, c'est grand).
 Aujourd'hui, il faut six à huit ans à une sonde d'exploration pour atteindre Jupiter, six mois pour une sonde martienne, c'est trop, beaucoup trop, et les voyages interplanétaires, pour se métamorphoser en réalité nécessitent ce qu'ont été en leur temps la Pinta et la Nina pour Christophe Colomb : des navires capables de traverser les océans, de résister au gros temps et de se propulser à la force du vent... Sans ces moyens, il est à craindre qu'aucun projet ne soit en mesure d'aboutir... d'où l'intérêt de ces météorites.
 La Lune a été, il y a quarante ans, un objectif absolu : l'objectif lunaire a été un vecteur de progrès formidable, mais il a terminé en fiasco, dernière mission en 1972, l'odyssée d'Apollo 13, et l'arrêt de l'exploration lunaire.
 Donc, à l'inverse du lobby martien, j'aimerais soutenir — moralement :-) c'est l'unique objet de ce blog — un projet, qui ouvre les possibilités, et qui ne contraint pas le développement du spatial dans une direction unique. Ouvrons la chasse aux astéroïdes !