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dimanche 13 avril 2014

Il y a fort longtemps (Evening in Paris) (Mimi Perrin)

       Il y a fort longtemps, oui,
       Il y a longtemps, longtemps
       Mon amour s'en est allé dans la nuit
       Tout au fil de l'eau, dis-lui.
                           -
                                   [Zoot Sims'Tenor sax solo ]
       C'était un soir à Paris, c'était
       (Oui c'était un soir à Paris.)
       Il y avait toi, toi et moi là, toit et moi
       (Toi et moi, tous les deux.)
       Tu parlais, et tu me disais que c'était
       L'amour qui faisait resplendir
       Paris. Je savais, oui je le savais, je savais
       Tout du long ce qui m'attirait en toi,
       Je t'avais en moi. Car je t'aimais, oui,
       Je ne peux pas l'oublier, que je le veuille ou non.
       Il y a des choses que l'on n'oublie jamais,
       Surtout bien après, et quand tout est éteint
       À jamais, que tous les liens sont dénoués.
       Je ne pourrai, je ne pourrai pas me
       Passer de toi, de tout c'qu'il y avait entre nous.
                           -
                                    [Art Farmer's Trumpet solo]
       Où es-tu donc maintenant que je t'ai perdu ?
       Où flânes-tu dans les rues ? Tu es,
       Tu es si loin, tout au loin.
       Tu as atténué tout mon émoi, 
       Tu as tué tout mon amour 
       Que j'avais pour toi.
       Tu as tué dans mon âme, 
       Et sans raison,
       C'qu'il y avait de timide amour.
                    -
                                   [Zoot Sim's Tenor sax solo]
       La nuit tout est éteint, l'ennui est là
       Tout en moi.
       Oh, tu es si loin, trop loin maintenant !
       Oh, y a-t-il un espoir le soir à Paris,
       Dans tout le noir ? Tout est inutile,
       Tout est inimportant, tout est vain
       Ennui pour te retrouver encore oui,
       Tôt ou tard. Peut-être aujourd'hui.
       Tu es si loin, tu le sais, oui vraiment,
       Tu étais tout c'qui comptait en moi.
       Comment puis-je t'oublier, toi
       Et puis tout c'qu'il y a entre nous ?
       Je vais partout, oui, il y a longtemps
       Que je te cherche en vain. Et je vais,
       Vais de ci de là, après toi là.
       Il y a toi, toi à Paris, toi sans moi.
       Oui tu te trouveras bientôt, 
       Toi, tout près de moi là.
       Tu auras tout c'qui te lie
       Tout entière à moi, je te le jure.
       Je t'aimerai autant et tant et tant que tu veux,
       Toi. Il n'y aura que nous deux là
       Dans tout Paris, toi et moi.
                    -
                                          [Chœur]
       Il y a fort longtemps, 
       Oui il y a longtemps, longtemps,
       Mon amour s'est en allé dans la nuit
       Tout au fil de l'eau, noyé, au loin...
       Puis il n'y a plus rien.
       Faudra flâner là où il y a
       Des gens pour te trouver,
       Le soir à Paris...
                    Paroles de Mimi Perrin, 
                    sur Evening in Paris 
                    par Quincy Jones et son orchestre.
                                     -
Ce qui est extraordinaire, avec Mimi Perrin et les Double-Six, c'est la précision d'horlogère avec laquelle Mimi Perrin a repris la partition orchestrale des morceaux de jazz qu'elle adaptait, reproduisant chaque solo, et le faisant chanter, poussant la voix dans ses limites, puis, en superposant plusieurs prises — car on ne savait pas encore, à l'époque, travailler avec plusieurs prises en parallèle, il fallait qu'une prise soit bonne à l'enregistrer de façon à l'intégrer immédiatement dans la précédente — chanter sur une bande, tout en enregistrant et dédoublant chaque voix, d'où ce beau nom des Double-six.
Ce que je trouve encore plus extraordinaire, c'est que Mimi Perrin se soit lancée dans l'écriture de paroles. Quand on a chanté, on sait à quel point les paroles sont précieuses pour le chanteur, et le soutiennent dans sa diction, dans son chant, dans sa force de conviction.
Ce qui est encore plus étonnant, c'est qu'il s'agit de paroles magnifiques, et que tout le talent de Mimi Perrin s'exprime aussi dans des chansons, comme celle-là, comme des vers libres, uniquement dictés par le souci du rythme, sans rime, et empreintes d'une incroyable nostalgie, comme si, en composant et en ne se posant que des questions de contraintes musicales, avait ressurgi, presque malgré elle, une perle de vérité, qui parle d'un amour perdu, noyé dans le fil de l'eau...
                                                               -
Curieusement, la chanson n'a jamais été reproduite sur la toile, c'est ce que me disent mes recherches, il ne reste plus qu'à ré-écouter Quincy Jones et imaginer les paroles dessus :
Cur

dimanche 12 janvier 2014

Meet Benny Bailey - Au bout du fil (Mimi Perrin)

Dites donc, madame, voilà bien longtemps
Qu'on veut téléphoner. 
N'faites pas tant d'baratin
(N'faites pas tant d'baratin)
Vous parlez d'puis il y a trop longtemps
(Vrai, t'as dit vrai, toi.)
Dites donc madame, voilà bien longtemps,
qu'on veut téléphoner. 
N'faites pas tant d'baratin.
(N'faites pas tant d'baratin)
Vous parlez d'puis il y a trop longtemps
Pas d'baratin, pas d'baratin !
Si vous voulez, dites, avoir tout vot' temps,
Allez donc faire ça plus loin ! (il a dit vrai, lui)
Allez donc chez vous pour téléphoner,
Vous prendrez vot' temps, vous prendrez vot' temps.
Dites donc madame, voilà bien longtemps 
Qu'on veut téléphoner. N'faites pas tant d'baratin.
           (Frank Wress'flute solo by Chrisitiane Legrand)
Allez donc, allez donc,
allez donc, allez donc,
allez donc, allez donc,
Soyez polis, dites, taillez-vous !
C'est pas permis d'faire tout c'potin là.
Oui il n'y a même plus moyen d'bavarder,
dites y a pas. 
C'est pas permis d'me déranger, y a pas, y a pas.
Oui il n'y a même plus moyen d'parler 
autant que j'le veux.
Tiens, dites donc, vite vite, tiens dites,
Tas d'titis, tas d'titis, détalez là, piliers d'tabac !
           (Henri Coker's trombone solo, par Mimi Perrin)
Piliers d'tabac, dites, pardonnez donc, 
vous pouvez parler !
Dame on boit, pas d'abus.
D'puis le temps qu'vous faites tant d'bla-bla
en téléphonant, dites, ben nous, 
on boit au bar
d'la bière ou bien du bourbon. 
Et puis d'abord dites donc, il y a pas,
Partez d'là ce sera d'très bon ton.
Pas d'doute, madame, 
faut pas bavarder tout l'temps.
                          -
Oui y a pas on perd du temps, partez allez donc,
taillez-vous vite, oui, partez donc d'là !
Oui y a pas, y a pas. Oui y a pas on perd du temps,
partez, allez donc, taillez-vous vite, 
oui, partez donc d'là !
Dis y a pas. Il a dit vrai, lui, il a dit vrai lui.
Allez donc chez vous pour téléphoner, 
vous prendrez vot' temps vous prendrez vot' temps.
                             -
Dites donc, madame, 
Voilà bien longtemps qu'on veut téléphoner.
N'faites pas tant d'baratin
(N'faites pas tant d'baratin.)
Vous parlez d'puis il y a trop longtemps ! 
(Vrai, t'as dit vrai, toi).
Dites-donc, madame, voilà bien longtemps
Qu'on veut téléphoner. 
N'faites pas tant d'baratin.
(N'faites pas tant d'baratin.)
Vous parler d'puis il y a trop longtemps !
      Based on the recording by Count Basie & his Orchestra
      MUSIC : Quincy Jones
      French lyrics : Mimi Perrin
Les Double-Six sont une sorte d'OVNI jazzistique, où sa fondatrice, Mimi Perrin reprit, instrument par instrument, des standards de jazz, qu'elle transposa en voix, et pour lesquels elle écrivit et créa des paroles, créant un genre singulier, la chanson de jazz, qui donne le sentiment de swinguer et, aux mots, de danser. Plus tard, les paroles de V. Sanson, M. Berger ou de chanteurs de rap se rapprocheront de ce travail qui resta longtemps sans équivalent, et que je trouve magnifique.
Mimi Perrin devint par la suite une traductrice de renom es qualité, qui traduisit de grands auteurs de Science-Fiction. 
Pour les Double-six, elle réunit de grands noms, et bénéficiant de l'expérience des Blue-Star, où elle chantait au service de Blossom Dearie, elle parvint à réaliser des enregistrements, où en superposant les voix, ce qui était un exploit à l'époque, elle rendait « douze » instruments avec six chanteurs (2 x 6).
J'ai eu de la difficulté à trouver les paroles de ces chansons, qui se trouvent peu, ou rarement,  sur Internet et pour cause, car il s'agit là d'une pure création formelle, où l'auteur a tenté de trouver une forme poétique pour traduire du jazz, sans versification stricte (le nombre de pied suit la phrase musicale, pas la rythmique), des vers comme des solos et des coups de trompette, des onomatopées pour cadencer et redonner une rythmique, et une sorte de précurseur du rap, où l'auteur tente une symbiose entre musique, jazz et langage...
On trouve de rares vidéos :
Voici un enregistrement original avec le groupe en direct :