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lundi 24 juin 2019

Retour sur les rencontres PdE 2019 et le prix Visions du Futur

 Dans certains salons littéraires, les auteurs se définissent – un peu – comme une assemblée de prédateurs : l'une se prend pour une aigle, l'autre un lion et un autre pour un de ces petits singes voleurs, mais une écologie où il n'y aurait que des prédateurs, c'est comme le libéralisme et le climat : vous voyez où ça mène ?
 Kropotkine pensait que la solidarité prime la prédation si chère à Darwin (Les forts mangent les faibles ??) : si le prédateur explique la pyramide écologique, la solidarité fait le reste, c'est-à-dire tout : la survie, c'est la solidarité !
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Christian déploie le stand PdE
- Agathe, Benedict (éblouie par le flash, pardon !) et Émilie -
 Ce préambule pour dire que si certains salons sont vécus par leurs acteurs choyés comme une chasse et une lutte aux dépens de tous, les rencontres de Présences d'Esprits, auxquelles je participe pour la troisième année, bien qu'attirant un public modeste – nous dépassons rarement les trente présents –, évoquent pour moi une vision plus solidaire de la littérature. La concurrence y est somme toute De Natura, mais le facteur essentiel, c'est le vivre-ensemble.
Présidente du jury, Sylvie Gagnère proclame les lauréats du prix Visions du Futur
... et certains ont même préparé une petite bafouille !
 Il y a un concours, le prix Visions du Futur, mais le premier prix est une personne timide. Jean-Ludovic BLANCHON, c'est son nom, a omis de se présenter aux organisateurs qui, eux, supposaient qu'il leur avait posé un lapin. Meuh non ! Il était juste intimidé, le lapin ...
Jean-Ludovic BLANCHON, lauréat 2019 de Visions du Futur
Le deuxième prix  est une personne qui témoigne d'un vécu fort, d'une bonne connaissance des relations humaines, et d'une entrée récente en littérature : l'émerveillement le dispute à la fraîcheur du regard. Il s'appelle Xavier LHOMME.
Xavier LHOMME, second prix du concours Visions du Futur 2019
Pour les autres, on parle concours, on parle écriture, ré-écriture, nécessité de connaître les critiques (car elles aident à progresser). Certains, heureux de l'occasion, racontent de toutes autres choses, du plaisir à se retrouver et à se côtoyer, nulle parole claironnée, un repas pris en commun, et à la fin, une jolie vente aux enchères. J'ai pu grâce à Christian Hochet compléter ma collection d'A.O.C. avec en particulier le rarissime numéro zéro d'AOC.
Puisque je parle de Présences d'Esprits, permettez-moi de vous présenter quelques uns (pas tous hélas) des membres actifs : Sylvie Gagnère, actuelle présidente du jury de Visions du Futur, Olivier Bourdy, et Yohan Vasse, chevilles ouvrières et industrieuses, qui ont présidé aux revues AOC et PdE, avec d'autres, je n'ai pas pu photographier tous les participants et qu'ils m'en excusent, et tous font vivre cette – et le mot juste est bienvenu – association. Merci à tous !
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Sylvie Gagnère, présidente du jury « Visions du Futur »
Yohan Vasse
Olivier Bourdy
PS : l'ambiance obscure du lieu a rendu mes photos un peu floues, je vous prie d'en accepter l'excuse...
Photos © Bernard Henninger

jeudi 25 janvier 2018

Se souvenir

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Quand j'ai eu quarante ans, en 2000, est paru mon premier roman : « Le Souffle du rêve », et pour moi c'était une ouverture au monde très tardive, j'avais perdu mon temps à vouloir faire du cinéma, à tort sans aucun doute, mais il m'avait fallu ces quinze années pour comprendre que la littérature était ce que j'aimais et la meilleure façon de vivre pour moi.
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Je l'ai dédié à une personne que je ne connaissais pas, mais dont l'exemple était un phare depuis que j'avais vingt ans, que j'avais lu Le Collier de Semlé et Le Monde de Rocannon : Ursula K. LE GUIN (ne pas oublier le 'K', elle y tenait, au K de son nom de jeune fille, Kroeber, le nom de son père).
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J'ai écrit à un éditeur, qui m'a donné le nom et l'adresse de son agent, qui m'a donné le nom et l'adresse de son agent aux U.S.A. à qui j'ai écrit une lettre, en français. Une amie l'a traduite, j'ai supporté l'ironie de son regard et ai envoyé le livre et la lettre.
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Deux mois plus tard, j'avais oublié, il y avait une  lettre de l'Oregon dans ma boite-à-lettres, je ne savais même pas où c'était, l'Oregon, et c'était une lettre de l'écrivain que j'admirais le plus au monde, qui me remerciait et me disait qu'elle aussi avait écrit une histoire sur des gens avec des ailes et que pour elle aussi, c'était une histoire assez triste, et de conclure : 
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« May be that the only only wings that can make us happy are whose of the spirit ? »
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Et là, c'était tout elle, une façon de rompre la glace et de faire vous oublier votre timidité. Plus tard, j'ai eu l'occasion d'être son éditeur, et je peinais à lui écrire les courriers pour les corrections et à les traduire en anglais, et c'est elle, qui avait fait toutes ses études en France, qui a un jour m'a dit : « Vous savez, je commence par lire votre lettre en Français, puis après en Anglais », elle s'amusait beaucoup des erreurs des traducteurs automatiques, ou des locutions typiquement françaises qui pouvaient m'échapper, « Requins de la finance » l'avait amusé (C'est comme ça que vous dites ?), et elle ne manquait pas d'évoquer les souvenirs qu'elle avait gardés de la Loire, où elle avait entendu,  pour la première fois, le chant du coucou.
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Et c'est avec une simplicité confondante qu'elle avait répondu à mes questions pour l'interview que je lui avais proposée pour la sortie du Pêcheur... Répondant même aux questions un peu trop curieuses, et embarrassantes, avec toute son élégance. Qu'elle reste vivante en nos mémoires ! Et que son écriture, si concise, si précise, si forte d'évocations croisées, si riche de personnages aux espoirs têtus, reste un modèle pour tous les écrivains...
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