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dimanche 19 mars 2023

Tao Te King (7)

7


                  Ciel et terre demeurent.

                  Pourquoi durent-ils ?


                  Ils ne vivent pas pour eux-mêmes

                  Ainsi continuent-ils d'exister.


                  De même le sage s'efface

                  Et par là apparaît.


                  Il s'oublie lui-même 

                  et atteint le vivant.


                  Par le détachement

                  il réalise sa perfection.

Lao Tseu

- © Bernard Henninger -

Un extrait du Tao Te King suffit à troubler l'eau de tout un dimanche...

mercredi 1 septembre 2021

Lin Zhao et Zhang Zhixin (mémoire)

Lin Zhao et Zhang Zhixin

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Poétesse chinoise, née en 1931, Lin Zhao, aprés s'être engagée dans le Parti Communiste Chinois, devint  une dissidente. Lors de la « Campagne des cent fleurs », une opération menée par Mao qui vire de la démonstration libérale à une farce macabre, Lin Zhao conteste la politique de Mao.

Mise à l'écart, emprisonnée, libérée par périodes afin d'arrêter certains de ses proches – grâce à une surveillance policière –, Lin Zhao passera l'essentiel de sa vie en prison. Elle y écrit ses poèmes. Privée de stylo, elle se servira d'épingles à cheveux pour se lacérer les mains et écrire avec son sang en se servant de l'épingle comme plume. Le 29 avril 1968, elle est condamnée à mort et un policier réclame à sa famille le demi-yuan pour payer la balle qui a servi à l'exécuter.

Réhabilitée officiellement en 1981. 

Zhang Zhixin est elle née le 5 décembre 1930. Elle fut emprisonnée au moment de la Révolution Culturelle pour avoir critiqué l'idolisation de Mao. Fidèle communiste, elle fut emprisonnée, torturée puis exécutée par décapitation le 4 avril 1975. En 1979, elle a été réhabilitée et déclarée "Martyre", mais l'enquête a été stoppée.

En 2009, un autre dissident chinois, Yan Zheng-Xue, réalise dans son jardin deux statues, représentant Lin Zhoa et Zhang Zhixin. Malgré la reconnaissance, l'université a refusé qu'il en fasse don. Les statues sont exposées depuis dans son jardin.

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Anne Kerlan a écrit un livre sur la première :  « Lin Zhao : Combattante de la liberté ». 

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(j'ai surligné en rouge, les références historiques, et en bleu les portraits de Lin Zha et Zhang Zhixin, les portraits sont des références wikipedia, libres de droit)

dimanche 19 août 2018

Tao Te King (2)

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     Dans le monde chacun décide du beau
     Et cela devient le laid.
          .
     Par le monde chacun décide du bien
     Et cela devient le mal.
          .
     L'être et le vide s'engendrent
     L'un l'autre
     Facile et difficile se complètent
     Long et court se définissent
     Haut et bas se rencontrent
     L'un l'autre
     Voix et sons s'accordent
     Avant et après se mêlent.
          .
     Ainsi le sage, du non-agir,
     Pratique l'œuvre
     Et enseigne sans parole.
          .
     Multitudes d'êtres apparaissent
     Qu'il ne rejette pas.
     Il crée sans posséder
     Agit sans rien attendre
     Ne s'attache pas à ses œuvres
          .
     Et dans cet abandon
     Ne demeure pas abandonné.
                                                            Tao
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 Le Dao de Jing, ou Tao Te King, est un des plus anciens textes jamais écrits, et la légende chinoise raconte que Lao Tseu, lassé des dissensions politiques, décida de partir monté sur un buffle. Arrivé à une passe marquant la limite ouest du territoire des Zhou, Tao fut sollicité par le gardien Yin Xi afin qu'il laisse une trace de son enseignement et Tao rédigea le Dao de jing très rapidement, en condensant sa pensée, avant de disparaître.
 La sagesse qu'il enseigne n'est pas reconnue de manière univoque, mais l'idée de la Voie, à suivre, celle qui vous est propre semble prégnante, ainsi que l'idée du « non agir », ne pas prétendre pouvoir transformer le monde, par exemple, mais se contenter de suivre le chemin qui nous convient, nous est propre, et qui ne correspond pas, pas souvent, à l'idée qu'on a...
 À noter qu'Ursula K. LE GUIN s'intéressait assez au Tao Te King,  pour en avoir réalisé une traduction et cette sagesse particulière imprègne un de ses plus grands romans, le Dit d'Aka.
 Lao Tseu aurait vécu six siècles avant notre ère, qui est aussi le siècle des grands sages et des grandes religions : Bouddha, Zoroastre, Esope...
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dimanche 18 mars 2018

Message (La flûte de Jade)

  Ami, je t'en conjure, ne viens pas me retrouver ! Tu meurtrirais les saules que j'ai plantés devant ma demeure ! Je ne dois plus t'aimer. Il faut que j'obéisse à mes parents. Je leur ai dit combien je t'aime, combien tu m'es nécessaire, et j'ai entendu leurs violents reproches.
  Ami, je t'en conjure, ne franchis pas le mur de notre cour ! Tu briserais les rameaux du jeune santal que j'arrose chaque matin ! Il m'est impossible de te donner mon cœur. La volonté de mon frère aîné est inébranlable et il m'a défendu de t'aimer.

  Ami, je t'en conjure, n'arrache pas la barrière où nous nous sommes accoudés, le soir de ton départ ! Tu déracinerais le rosier dont je vais respirer les fleurs au crépuscule.
*
  Difficile de restituer le sens des poésies chinoises anciennes, une profonde mélancolie les ancre dans notre présent, cette poésie vient d'un recueil ancien dont j'ai déjà publié deux poèmes dans cette rubrique, mais je ne peux m'empêcher de penser que le poème hésite entre le constat de ce qui est, la réalité, sordide, un milieu étouffant, le recours au symbolique pour lui donner un sens caché aux yeux du vulgaire et d'un milieu répressif, qu'il s'appelle famille ou milieu social, et l'appel à la révolte, car, nul doute que si l'amoureux vient, il  n'y pas que cette mystérieuse barrière qu'il arrachera à son destin...
*
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dimanche 31 janvier 2016

L'Adieu (poésie chinoise)

L'oiseau yüann et l'oiseau yang nagent côte à côte sur le fleuve Kinn dont les flots onduleux coulent vers le nord. Quand l'oiseau yüann s'arrête à l'ombre d'un arbre de la rive, sa compagne s'arrête parmi les roseaux en fleurs. Tous deux préféreraient la mort ou la captivité plutôt que la fuite, si, pour fuir, ils devaient se séparer.
Adieu, seigneur de ma vie ! Aucun fleuve ne peut revenir à sa source, aucune rose ne peut revenir sur le rosier qui l'a laissé tomber.
- Malgré la croyance générale, les plantes ne sont pas insensibles. Qu'advient-il à celles dont la nature est de s'attacher ? L'une vit et meurt à l'endroit où le vent laissa tomber la graine qui lui donna le jour, l'autre périt dès qu'on l'arrache de l'abri qu'elle avait choisi. La nature est clémente pour la fleur, mais l'homme est cruel pour la femme qui l'aime.
Adieu, seigneur de ma vie ! Aucun fleuve ne peut revenir à sa source, aucune rose ne peut revenir sur le rosier qui l'a laissé tomber.
- En souvenir de moi, gardez ces trois hirondelles de jade. Elles brillaient dans ma chevelure, le jour de notre mariage. Essuyez-les chaque soir avec votre manche de soie. Et ne roulez jamais la natte sur laquelle vous m'avez caressée... Laissez les araignées y tendre leurs fils. Permettez-moi de vous demander de conserver toujours le bloc d'ambre sur lequel je posais ma tête, pour dormir. Les rêves qu'il vous donnera vous rappelleront notre passé.
Adieu, seigneur de ma vie ! Aucun fleuve ne peut revenir à sa source, aucune rose ne peut revenir sur le rosier qui l'a laissé tomber.
- J'ai oublié, dans votre coffre sculpté, mon petit manteau de plumes. Ne le mettez jamais sur d'autres épaules que les vôtres. Quant à mon miroir, mon miroir d'argent où mon cœur se reflétait comme un visage au fond d'un puits, tendez-le souvent à votre nouvelle épouse et qu'il vous aide à connaître son cœur.
Adieu, seigneur de ma vie ! Aucun fleuve ne peut revenir à sa source, aucune rose ne peut revenir sur le rosier qui l'a laissé tomber.

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Il s'agit aujourd'hui encore de ce joli recueil de poésies chinoises, trouvé à la brocante d'Orléans. Pour ce dimanche, voici un poème très mélancolique sur l'abandon... poème écrit par une femme, même si l'auteur reste anonyme.

dimanche 17 janvier 2016

Je me promenais (poésie chinoise)

          En files noires, des oies sauvages traversent le ciel.
         On voit, dans les arbres, des nids abandonnés.
         Les montagnes semblent plus lourdes.
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         J'ai trouvé, près de ma fontaine, 
         La flûte de Jade que tu avais perdue cet été.
         L'herbe haute l'avait soustraite à nos recherches.
         Mais, l'herbe est morte,
         Et ta flûte brillait au soleil, ce soir.
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         J'ai pensé à notre amour,
         Qui est resté si longtemps enseveli
         Sous nos scrupules.
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 À la brocante des boulevards, ce samedi, j'ai trouvé un recueil de poésies traditionnelles chinoises, réuni par Franz Toussaint et traduites par Tsao-Chang-Ling. Le poème qui donne le titre de ce recueil est une merveille tout à fait de saison...
Il existe une adaptation « chantée à la française » peu à mon goût, je l'avoue, mais cette demoiselle et ses morceaux pour flûte me semblent l'expression qui évoque le mieux ce poème. Le format du poème correspondait peu à celui du blog, j'ai donc pris la liberté de le mettre en page de manière classique... mais le livre le donne en prose.
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