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mardi 6 mars 2012

Les « ismes » du passé

Pour les gens de ma génération, l'équilibre du monde s'est restreint longtemps à l'opposition en miroir entre Capitalisme et Communisme. En 1989, le mur de Berlin comme une digue emportée par la marée s'est effondré, et le communisme avec.

 Avec la fin de ce qui avait donné sens à leur vie, des historiens ont proclamé la fin de l'Histoire... Curieusement, à la même époque, dans une autre matière, des physiciens ont proclamé la fin de la Physique !
 L'observateur de 2012 sourit, mais comparaison n'est pas raison. Lors d'un match, lorsqu'un des adversaires perd, l'autre gagne, c'est logique. En boxe, ou en football, c'est indubitable, mais en matière de nations, la logique est d'une autre nature... 
 Pas de médaille à gagner, pas d'honneur, pas de rang... juste de doctes analystes... qui se trompent. 
Les crises successives de la finance montrent que le capitalisme moderne souffre d'emphysème, d'emballements cardiaques et de sérieux risques d'AVC et on peut se demander si nous ne vivons pas dans une bulle d'illusion dont l'explosion menace.
De même que le boson de Higgs résiste aux accélérateurs, peut-on penser que la réalité résiste à ce Capitalisme dont l'application par des dogmatiques est en train de nous étrangler.

vendredi 11 novembre 2011

La bataille de Viombois : ou qu'est-ce qu'un héros ?

  En 2007, un copain m'appelle pour un tournage « à l'arrache », sur la Résistance dans les Vosges, une histoire sur laquelle nous avions travaillé ensemble dix ans auparavant.
 Entretemps, j'avais quitté Paris, intégré une société de télévision régionale en tant que cadreur. Je vous la fais courte : ma vie de cameraman était pour moi finie oubliée, et pour tout dire, elle me dégoûtait. Alors je lui ai dit non.
  Le copain — il s'appelle Christophe Lagrange — me rappelle. Son producteur, Jean-Pierre Claude, avec qui j'avais eu une fâcherie à l'époque, lui avait dit : Il n'y a que Bernard qui saura te faire ça, Christophe insiste : Seulement trois jours. Il a une petite caméra, ça colle avec la fin de mes vacances... Trois jours pas plus ! 
Nous filmons la cérémonie à la ferme de Viombois, du nom de la ferme où s'étaient agglutinés 700 jeunes gens. Un monument austère avec une croix de Lorraine domine le lieu. Je n'avais jamais entendu un Appel aux morts, ça me fout des frissons : « — Capitaine Barraud. — Mort pour la France — ... ». On interviewe Jean-Marie Aubry, un ancien, quelqu'un d'une grande force humaine et il m'émeut. On filme des témoignages, beaucoup d'enfants de ces résistants, quelques anciens, et je suis saisi. C'est étrange, une bataille gagnée par la Résistance contre les allemands, dont on n'a  jamais entendu parler, et gagnée au prix de centaines de morts.
  Au retour, je discute avec Christophe, émettant des critiques : ça manque de témoignages de première main, il manque des historiens, les témoignages sont confus, il y a des faits à éclaircir, il faut enquêter, débroussailler, poser des questions différentes, dresser un plan de bataille : je lui propose un axe de scénario.
 Un mois plus tard, Christophe me rappelle : il a trouvé des résistants, des femmes de résistants, des membres de commando anglais, obtenu l'accord de Marc Ferro... Il est d'accord pour mon axe de scénario. Je prends des vacances et je n'en parle à personne.
 Ça fait quatre ans que je travaille : cameraman, intervieweur de complément, Christophe me laisse participer à son travail, amener mon grain de sel comme on dit, ce qui est exceptionnel pour un réalisateur, puis il me demande d'écrire des textes, en tant qu'écrivain.
 De son côté, Christophe écrit, démarche, réalise, prépare, travaille, monte, mixe, un long travail solitaire, ardu, avec des gens qui ne comprennent pas que le film « n'avance pas ». Parfois il me demande un texte de toute urgence. L'année suivante, nous réalisons une nouvelle semaine de tournage, des dizaines de témoignages enregistrés, des heures de rushes, des textes à réécrire et de longues communications téléphoniques... Que c'est difficile et que c'est doux de travailler sur un film.
  Un Noël, celui qui avait impulsé ce projet, Jean-Pierre Claude, décéde, il faut continuer sans lui, et avec lui... Le documentaire vient de sortir, il fait cinquante-deux minutes et il s'intitule :

... Ou comment des résistants, sans armes, sans expérience pour la plupart, lâchés par leur encadrement, riches de leur patriotisme, se sont battus contre deux mille soldats allemands et les ont fait reculer. La force de se battre.

mardi 26 juillet 2011

Il paraît, je dis bien : il paraît, que les agences de notation, Fitch Ratings, Moody's et Sandard Poor's envisagent de noter à la baisse les donateurs du monde entier pour incurie et irresponsabilité : ce n'est pas en gaspillant qu'ils vont faire diminuer leurs dettes.

mercredi 16 mars 2011

Qu'il était facile de le berner... (Carlos Goshn)

D'une voix unie et modeste, le PDG de la grande entreprise automobile reconnaît qu'il s'est trompé. Mieux, il se punit lui-même : « Pas de prime de fin d'année ! » Fichtre. Diantre. Morbleu. Cornegidouille. Quelle force ! Quelle pugnacité ! Quelle grandeur d'âme vis-à-vis de sa propre personne, et quelle promptitude.
Où est passé l'Homme sûr de sa force, cassant, affirmant en toute certitude qu'il y avait des traîtres dans son entreprise, et qu'il coupait les branches pourries avant qu'elles ne grangrènent l'arbre tout entier ?
Où est l'Homme qui, révolutionnant son entreprise, y a entrepris des méthodes de management moderne ayant conduit à une certain nombre de suicides et de dépressions ? Pourquoi cet homme fort ne s'est-il pas liquidé lui-même ? Qui l'aurait regretté ? Arrogant et piteux dans sa déconfiture : qu'il était facile de le berner !
L'humain se révèle par sa mesquinerie. Quant à sa prime de Noël, j'aurais bien l'idée d'un endroit où la mettre, mais je pense aux gens qu'il a licenciés sans préavis, ils ont passé un bien triste Noël et leurs vœux de Nouvel An ont été sans doute bien maigrelets, et je me dis que des excuses publiques en leur présence seraient peut-être le début... d'un début. L'Homme, surhomme de pacotille, gonflé de théories comme baudruche, est-il capable d'humanité ?

samedi 5 mars 2011

Une loi permettrait de contrer une autre loi : celle des retraites

 Je transmets : une piste de résistance consistant en une pétition lancée par le journal POLITIS concerne les retraites. Même si elle a été adoptée par le Sénat et l'Assemblée Nationale, la loi PEUT NE PAS ÊTRE APPLIQUÉE. La réforme constitutionnelle de 2008 (article 11) pourrait donner aujourd'hui moyen de contraindre le Président de la République à organiser un référendum sur les retraites : ce référendum doit être demandé par 1/5 des parlementaires, eux-mêmes soutenus par 1/10 des électeurs, soit 4,4 millions de signatures : c'est faisable, mais pas gagné !
Pour signer, il faut se rendre sur ce site.
 C'est facile à faire, non ?

samedi 5 juin 2010

A propos de bouddhisme, de novices et de démons

 Le disciple doit comprendre que dieux et démons existent réellement pour ceux qui croient à leur existence et qu'ils possèdent le pouvoir de faire du bien ou du mal à ceux qui leur rendent un culte ou qui les redoutent.
 Bien rares, d'ailleurs, sont ceux qui arrivent à l'incrédulité pendant la première partie de leur entraînement spirituel. La plupart des novices voient réellement des apparitions effrayantes.
 Je ne me hasarderai pas à contredire cette opinion, plusieurs exemples m'ont prouvé qu'elle était fondée. La nuit et les lieux spéciaux choisis pour les colloques avec les démons sont souvent, à eux seuls, suffisants pour produire des hallucinations... J'ai eu l'occasion de m'entretenir avec un ermite, ce lama ne paraissait guère enclin à la superstition et je crus qu'il allait m'approuver lorsque je lui dis :
Ceux qui sont morts sont morts de peur. Leurs visions sont l'objectivation de leurs propres pensées. Celui qui ne croit pas aux démons ne sera jamais tué par eux.
 À mon grand étonnement, l'anachorète répliqua d'un ton singulier :
D'après vous, il doit suffire aussi de ne pas croire à l'existence des tigres pour être certain de ne jamais être dévoré par l'un d'eux, si l'on passe à sa portée.
  Et il continua :
— Qu'elle s'opère consciemment, ou inconsciemment, l'objectivation des formations mentales est un procédé très mystérieux. Que deviennent ces créations ? Ne peut-il pas se faire que, comme les enfants nés de notre chair, ces enfants de notre esprit échappent à notre contrôle et qu'ils en viennent, soit avec le temps, soit soudainement, à vivre d'une vie propre ?
extrait de
« PARMI LES MYSTIQUES ET LES MAGICIENS DU THIBET »

mardi 4 mai 2010

Pari gagné : BP est bien cotée par les agences de notation

Une société bien cotée possède des soumis, que l'on nomme avocats, pour être dédouanée de ses responsabilités, des affidés, dans les organes de notation, et des financiers qui font ça par pur désintérêt, d'ailleurs, la société BP a pour but le bien public...
(le golfe du Mexique, image satellite montrant la marée noire)
La loi du plus fort etc etc. Mise à jour du mercredi 27 février 2013, le procès BP qui devait commencer lundi a été ajourné d'une semaine...
Mise à jour tardive, comme quoi ce n'est pas inutile de relire mes vieux articles : le procès, après plusieurs reports, s'est terminé sur un accord à l'amiable : BP avait déjà payé 7,8 milliards de dollars aux particuliers qui avaient subi la marée noire, et a été condamné à une amende de 3,5 milliards de dollars, ce qui est la plus lourde pénalité infligée à une catastrophe de ce genre.
 De plus, BP essuie un procès des fonds de pension actionnaires, qui devrait se tenir avoir lieu cet été, en août 2014... Je ne savais pas que les fonds de pension se piquaient de moralité, c'est un concept nouveau, et d'autres procès sont toujours en cours...

lundi 9 novembre 2009

L'inverse exact du management : l'Excellence


Le management, c'est un travail dur, une absence de confiance, des humains se détruisant par le jeu du maillon faible, des tensions et un rendement nul puisque le résultat finit — toujours — dans la poche de l'Autre. L'excellence du Management, c'est la médiocrité.
Pour l'excellence, il faut s'être trompé, avoir hésité, s'être autorisé à hésiter, douter, accepter ses erreurs, celles d'autrui, s'avouer ses fautes, changer d'idée, tester, se tromper, corriger et...
L'excellence, c'est un mouvement inachevé...