-
Souvent, j'entends cette affirmation : « Moi, je m'intéresse au réel ! ». Heureuses femmes, heureux hommes !
Je ne connais aucun écrivain, homme ou femme, qui ne s'intéresse au réel. L'imaginaire n'est souvent qu'une représentation – dépouillée des confusions et des contingences complices et confuses du réel – qui nous conduit à prendre pour cause ce qui est secondaire. La différence ne tient pas à un désir d'ailleurs, mais à la création d'un point de vue.
Plutôt que de se laisser lapider passivement par une réalité qu'on ne comprend pas, la science-fiction/l'imaginaire est une réponse, une déportation, du réel avec un point de vue éloigné – un au-delà – qui aide à appréhender l'ici et le maintenant dans toute sa nudité : la souffrance, la douleur, la cruauté, le bonheur, la résistance, la recherche de soi et le refus de se laisser broyer...
