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mercredi 9 février 2022

L'auto-édition en plein essor : pour ou contre ?

 

Bright Star (Jane Campion) –

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Pour moi, quand je pense d'auto-édition, je pense aux poètes du XIXme siècle, comme John KEATS, évoqué par Jane Campion, dans le très beau film, « Bright star ». Plus récemment, j'ai découvert que c'était le mode de production de Claire Bretécher.

Les frustrés
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  À l'époque moderne, les nom d'Aurélie Valognes, Agnès Martin-Lugand, Joël Dicker, Riad Sattouf  (ainsi qu'un candidat d'extrême-droite à l'élection présidentielle) défrayent la chronique et pointent du doigt l'évolution des possibilités éditoriales. 

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 Souvenons-nous qu'à l'heure de la censure royale au XVIIIme siècle, Voltaire et Jean-Jacques Rousseau surent se rendre à l'étranger pour éditer leurs ouvrages chez les entreprenants imprimeurs Suisses et Hollandais. (qui se développèrent pour éditer des bibles dans leur langue natale. Pour défendre leur leur religion, ils s'opposèrent à la papauté par nécessité)

  En cinq cents ans, l'édition est passée d'un savoir industriel, coûteux, contrôlé par de nombreux niveaux de censure à une réalisation démocratisée, accessible au plus grand nombre, avec des outils individuels et des prestataires qui ont su se mettre au service de projets éditoriaux souples, légers, adaptables... La facilité n'est pas le mot, il faut s'approprier des savoirs (relations avec les prestataires, composition, typographie), recruter des correcteurs/correctrices, des graphistes, des conseillers, beaucoup de travail et de patience...

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  Dans le monde de l'académie, vous entendrez parler du sérieux de l'édition, une notion qui prête malheureusement trop souvent à sourire, de son confort, indéniable, celui-là : quoi de mieux que de signer et de retrouver votre livre en librairie en ayant eu à ne se soucier que de la narration et des corrections ? Mais de là à en déduire qu'il n'existe pas d'autre chemin sérieux, est-ce vraiment bien raisonnable ?

 J'ai eu des éditeurs, quatre, dont trois – des gens sérieux, pleins de vigueur, d'allant et de promesses – ont fait faillite. L'édition est une promesse souvent non tenue. Ce qui explique, dans mon cas personnel, qu'il m'est arrivé d'avoir recours à une initiative raisonnable pour débloquer un roman.

 Pas de miracle, l'auto-édition n'est pas l'Alpha et l'Oméga du futur, mais dans un monde où la pertinence des éditeurs n'est ni fiable, ni solide ni même preuve de bon goût (et dans la science-fiction, les grands auteurs morts, comme Howard, dans la pauvreté et la méconnaissance ne manquent pas), l'auto-édition est une démarche qui fait ses preuves, qui promet surtout « de la sueur, du sang et des larmes » et qui devient une alternative sérieuse, crédible et souvent,  nécessaire, ne serait-ce que pour affirmer son désaccord avec le dédain ou l'indifférence.

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Pour le lecteur intéressé par des sources complémenaires : 

       — Buzz Littéraire

       — Librinova

       — Wikipedia



jeudi 15 juin 2017

Pourquoi un droit du travail ?

 Entendu hier, dans la bouche du député Les Républicains, Olivier Marleix  :
« Quand j'étais en faculté, mon professeur de droit nous avait demandé : savez-vous pourquoi il existe un droit du travail ? »
Et comme les réponses ne le satisfaisaient pas :
« Tout simplement parce que lien de subordination de patron à employé, introduit un puissant rapport de force en défaveur de l'employé. » 
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Donc seul le droit est à même de corriger la loi du plus fort...
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Par exemple, si vous êtes contraint de signer un document où vous déclarez renoncer à un droit, quel qu'il soit, cet engagement sera considéré en droit comme nul et non avenu.
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De même, des ordonnances rédigées dans la chaleur de l'été, destinées à délester le salarié d'un nombre considérable de protections sans contrepartie reviendraient à donner des droits hors de proportion avec le respect humain, et seraient considérées comme des textes sans valeur. Même rédigés par des politiques triomphalement élus.
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Ou comme le disait un ami : « Un esclave ne peut pas être déclaré libre. »

jeudi 9 mai 2013

Harcèlement moral : faire d'une pierre deux coups

Un jour, une planificatrice d'entreprise intime l'ordre à un employé de prendre un mi-temps thérapeutique. Ce n'est pas la première fois : elle lui a déjà suggéré de prendre ce temps partiel, mais ce coup-ci, excédée de n'avoir pas été écoutée, elle profère d'une voix vibrante d'autorité, ce qui est devenu un ordre émanant de la direction.
 Moyennant un horaire aménagé, l'employé, qui est malade, tient son poste. Cela signifie-t-il la fin de l'accord passé entre l'entreprise et la médecine du travail ? Il ne sait pas. 
 En face de lui , la planificatrice rayonne d'auto-satisfaction : elle lui a dit son faitDéstabilisé, l'employé ne sait quoi répondre. Comme il a mis toute son énergie à tenir son rang, quand cette responsable lui exprime subitement son mépris, sur le coup, il quitte le bureau en colère et déprimé. Parfois la colère l'emporte. Mais la déprime revient. C'est comme ça que se répand le harcèlement, comme un poison qui intoxique lentement.
 Les collègues lui rappellent que la responsable n'est pas médecin, et qu'en dehors d'un véritable thérapeute, nul n'est habilité à lui prescrire un mi-temps thérapeutique. Mais ça ne change rien : il déprime quand même, même si la colère masque la déprime au début.
 Un hasard fait qu'il raconte son histoire à une personne extérieure : celle-ci, qui connaît bien l'humanité, lui fait la remarque qu'un malade est un boulet pour une planificatrice, et que cette dernière a sans aucun doute, quelqu'un à placer... L'employé, surpris, reconnaît qu'il ne s'est jamais vu en boulet... mais il voit aussi qu'elle a raison.
 La direction vient de refuser une promotion à un collègue. Depuis, ils sont en surnombre, mais la direction tient à humilier et à brimer le collègue en le ligotant à son poste de travail. Tant pis si le surnombre coûte cher.
 La planificatrice ne brille ni par son esprit, ni par son indépendance, et comme c'est simple d'obéir sans poser de question, elle le fait en prenant le petit ton excédé de la personne gentille que personne n'écoute jamais : « Et si on faisait pression sur le malade ? »... ce qui permet de « faire d'une pierre deux coups ».

jeudi 24 janvier 2013

Journal télévisé sous la neige

Le journal du dimanche, à France 3, se réduit à un flash, mais il était tombé de dix à quinze centimètres de poudreuse dans la nuit de samedi à dimanche : la rédaction a décidé de réaliser le journal en extérieur, à l'étang d'Orléans-la-Source, tout près de la station, tout en extérieur et sous la neige qui tombait dru...

jeudi 14 juillet 2011

Technologie libératrice, technologie perverse du Pouvoir

Je crois que je ne pourrai jamais me défaire du plaisir à me servir de technologies puissantes : me libérant, elles me permettent de créer. Ainsi, j'ai vécu deux métiers, ingénieur en informatique et cameraman : métiers de création, de libération du regard pour mieux exercer le travail de l'esprit.
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Pourtant mes conditions de travail, ici comme ailleurs, se dégradent. A marches forcées, ma direction m'impose un travail terne, et exige de moi répétitivité et obéissance : je n'ai pas changé, naïf, je ne peux m'empêcher d'aimer mes caméras, c'est ma faiblesse, eux c'est leur cynisme. Ma direction se sert de la technologie en vue d'asservir, de réduire, d'humilier et de ramener les hommes à des automates. Pour eux, la technologie, c'est le moyen de réduire, d'enchaîner et d'exclure. Leur vision de la technologie, c'est l'esclavage, c'est l'abrutissement d'autrui et au fond, c'est leur vision de la condition humaine.
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La technologie est comme un miroir qui révèle à autrui votre âme : l'âme de ma télévision serait donc de l'ordre de l'exclusion, de l'étroitesse d'esprit et du mépris. Et cette vision de la technologie comme perversité débouche naturellement sur un art du harcèlement moral.

mardi 29 septembre 2009

"La mode du suicide" : la faillite d'un système

En 2007, il est promu commandeur de la légion d'honneur. En 2008, il reçoit le prix du "Management de l'Innovation" et en 2008, le "Grand Prix manager 2008 - BFM". Si vous ne me croyez pas, cliquez et vous verrez ce que sont les Importants et les Infatués de notre époque sinistre.
Un homme qui se contente d'une petite phrase ironique face à vingt-trois morts aurait dû exercer en temps de guerre un autre métier. S'il considère que les hommes sont des machines, qu'on le nomme contremaître d'un parc de machines-à-laver, elles auront plus de cœur que lui. Il n'a rien à faire à la tête d'un groupe d'humains car irresponsable.
Hier, une vingt-quatrième personne s'est donnée la mort sur Orange. Je ne la connaissais pas, mais qu'elle reçoive Honneur, Respect et Admiration pour avoir su aimer son métier d'un amour si puissant.

mardi 9 juin 2009

Le Roi et l'oiseau (Paul Grimault, Jacques Prévert)

En 1980, j'avais vingt ans
J'ai vu un dessin animé
Dont la télévision avait dit 
Que l'auteur y avait consacré trente ans
Le temps d'une guerre, le temps d'une vie.

En 1984, j'ai créé un festival de cinéma d'animation,
Au bout de cinq mois de démarchage,
Paul Grimault s'est décidé à m'accorder sa confiance...
Et huit ans plus tard, il m'a accueilli en « bon père »
Quand je cherchais quelqu'un à qui présenter mes dessins,
Me consacrant sa soirée, son regard et ses conseils...
J'ai arrêté le dessin pour revenir à l'écriture,
Mais Grimault et son ami Prévert m'inspireront
Longtemps encore... (« Le Roi et l'oiseau »)

jeudi 13 novembre 2008

A propos de coquilles et autres choses savoureuses

Nous vivons à une époque pointilleuse, où les beaux esprits soulignent les mauvais accords grammaticaux et les fautes d'orthographe : insupportables ! Mais savez-vous que les Lumières, Diderot, Voltaire, Rousseau s'en remettaient à leurs correcteurs pour ce qu'ils considéraient comme accessoire alors qu'ils se relisaient sans fin à la recherche d'un défaut de rhétorique ?
L'époque des Lumières est révolue. Vous avez hélas raison.
Quand j'écris, je referme mon carnet et je le relis, plus tard. Si, lors de cette relecture, je découvre que ce que j'ai produit est sans faute, je suis certain alors que je n'étais pas concentré lors de l'écriture : ma production rejoint dans ma corbeille le fatras de sottises qu'un humain commet quotidiennement. Or vous avez remarqué, on ne va pas en enfer pour avoir écrit des bêtises.
Si, lors de la relecture, je découvre de ces fautes que jamais, ô grand jamais, je n'aurais admis être capable de les commettre, alors je me prends à espérer. Si mon esprit a été capable se désembourber, alors, peut-être, il se peut, avec de la chance... qu'il se soit aventuré là où je l'espère, dans l'inconnu, le non-dit, l'invisible et tout ce qui tisse la trame des esprits : haine, jalousie, vanité, concupiscence, pusillanimité... Mais sans certitude, car la sottise garde la préférence, toujours, et ma poubelle se remplit avec des idées géniales inconsistantes. De la capacité à fauter dépend l'aptitude à penser : c'est la vie.
Le Bel Esprit qui jacte à outrance sur les carences orthographiques et grammaticales de ses contemporains fait montre d'une absence immodérée de modestie, et de deux mots qui riment avec bonheur : vanité et stupidité.

lundi 22 septembre 2008

REFORME DE LA TELEVISION PUBLIQUE

« Vous désirez une télévision dont nous n'avons plus les moyens » me dit aujourd'hui un responsable régional de télévision publique.
1°) La politique actuelle de la télévision publique est une politique de réduction et de démantèlement : faire moins de programmes avec moins de monde.
2°) Elle est comprise par le personnel comme un désir de médiocrité.
3°) L'obéissance moutonnière a pour conséquence que les personnels se démènent pour réaliser cet objectif merveilleux : être médiocre. « On fait pas Ben Hur » me susurre une voix grasse et chargée d'autosatisfaction. Pas la peine d'éclairer, pas la peine de poser des questions, pas la peine d'enquêter, pas la peine... de QUOI ?
Quand je parle de ce responsable politique qui veut réduire les Antennes Régionales, les gens ne savent pas de quoi il est question : les programmes régionaux de France 3, diffusés le samedi et le dimanche sont le « trou noir » de la télévision : méconnus, ignorés, souvent bâclés, partagés entre des sous-traitances de misère, du copinage, et de petits arrangements.
En résumé, ces programmes démontrent le laisser-aller de dirigeants qui ont démissionné. Et je crains que ces dirigeants ne tentent de me démontrer que ce sont précisément les personnels qui sont une gêne pour la télévision publique. Du sens de la responsabilité... Une télévision à laquelle ses dirigeants ne voient aucun avenir, mais que les personnels et les spectateurs désirent encore... Qui aura raison ?
[ pour en savoir plus, cliquer sur le titre ]

lundi 1 septembre 2008

Eux « Révolution culturelle », Nous « Plan social »

   Au début, une modeste synergie prélude à une fusion. Suit un plan social. Un second plan, de restructuration celui-là, prélude un troisième, puis un dérapage généralisé d'une entreprise, d'un secteur, d'une ville quand toutes ses usines ont déraillé... Quand je vois se défaire les entreprises, je me demande s'il ne s'agit pas d'une entreprise idéologique qui se signale sa capacité à briser l'économie.
    On sait que la jeunesse a été le fer de lance de cette Révolution, celle des "Boys" plus ou moins golden. Ses armes sont la finance, l'audit, l'expertise, et les banques. On sait aussi que sa langue de bois est faite de sigles et de chiffres. Son analyse de la réalité est « scientifique »... On oublie les millions de personnes que ce mouvement de mise au pas a mis à la rue, au chômage, en retraite, et que ces "Boys" qui courent à toute vitesse de krach en krach, jusqu'à jouer l'évolution d'une place boursière à pile ou face avec quelques 50 milliards d'euro : réalité économique ou roulette de casino ? Ivresse virtuelle ou irresponsabilité ?
    On sait la catastrophe qu'a été la Révolution Culturelle, mais qui mesurera le nombre de personnes sacrifiées ? Quelle ignorance  a-t-il fallu pour se séparer de ceux qui, à force de patience, d'intelligence et de création, créent une richesse ?
   Nous sommes effrayés de la violence qu'a été la Révolution Culturelle. Le cyclone des plans sociaux, c'est le Bilan de l'Incompétence et c'est un monde qui s'obstine à marcher vers son passé : des camps, des génocides et des liberticides.

mercredi 13 août 2008

La sécurité, c'est l'insécurité.

La sécurité peut sembler une nécessité, elle aboutit souvent à un esclavage. Dans une modeste antenne de télévision, j'ai connu quelqu'un qui, au nom de la sécurité, a :
. interdit les mouvements de caméra,
. interdit les déplacements de présentateurs de télévision,
. supprimé l'oreillette HF (qui permet de communiquer avec la régie)
. supprimé les micros HF (qui permettent de se déplacer sans entrave)
. mis en place des oreillettes reliées à la table par un fil. Le résultat est la mise à mort de toute liberté d'action, de confiance et une station de télévision qui rêve de fusionner avec une radio.
 Qu'est-ce que la sécurité ? Pourquoi des hommes politiques mettent-ils la sécurité en tête de leur programme ? Un pouvoir qui promet la sécurité promet de regarder en arrière : le désir de bâtir une famille, une vie, un épanouissement, lui assigne une place minorée. La sécurité est une fixation : elle interdit l'action et elle dénie la responsabilité ("L'herbe rouge" Boris Vian).
 A une époque, j'ai vécu dans le dénuement, sans savoir le matin si j'aurais gagné de quoi manger le soir. Je m'engageai dans les travaux qui m'étaient proposés : louches, illégaux, ingrats, qu'importe, ils me sortaient du manque. Cette confiance m'a valu des aléas et gagné de rares et fidèles amis.
 En fait, il suffit de penser à la sécurité, pour avoir le sentiment de l'insécurité : comme la poussière, c'est un phénomène qui se renouvelle sans limite. La poussière ne nourrit pas, elle ne loge pas, elle ne motive pas : elle fait tousser, mais ce n'est pas une raison pour se cloîtrer chez soi.
  Ainsi, quand un homme parle de sécurité, il détourne l'avenir. Accepter de penser à sa sécurité comme priorité, c'est tourner le dos à la vie : les actions qui permettent de progresser ne peuvent pas être sécurisées, seule la vigilance compte. Aller de l'avant, c'est bien connu, est la meilleure des défenses et le plus beau des sourires.

vendredi 25 juillet 2008

Servilité & humiliation

Quelle est l'image de l'entreprise moderne ?
Aujourd'hui, je pense à ce PDG automobile, marchant d'un pas autoritaire dans un salon suivi à grand-peine par ses nervis... L'oeil est dur, inquisiteur, fermé sur ses innombrables secrets. Ses valets peinent à le suivre, courbés et muets... Plus généralement, l'entreprise ne semble se concevoir que comme une imitation de corps d'armée : inflexible, fermée, ne connaissant que la force. Aucune idée, aucun concept, nulle inventivité ne la fait vibrer. L'entreprise moderne rêve du militaire : muette, virile, cassante.
La forme générée par ce type de rapport "cassant/servile" est une pyramide hiérarchique. Le désir est une chose mimétique, tout le monde désire du pouvoir, le même pouvoir. A l'intérieur d'une unité économique rigide, la seule évolution est la mise en oeuvre d'une ascension dans la hiérarchie : une "carrière". La carrière a cela de particulier qu'elle se moque de l'endroit où elle se pratique : seule la motive sa position dans la pyramide.
Pour "monter", il faut se "rabaisser", surmonter les humiliations et les ordres absurdes qui jouent le rôle d'épreuves de sélection. Le jour où le soumis gagne du galon, il se signale par son sadisme, son désir d'humilier et de semer lui aussi l'injustice dans les rangs afin de sélectionner le sujet en lequel il pourra placer sa confiance... Du croisement de l'humiliation et de servilité naît une forme pyramidale.
D'où cette conséquence que nous ne connaissons que trop, l'entreprise libérale est une censure permanente, un modèle d'abrutissement et le carcan de toute Liberté.