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vendredi 9 février 2018

Falcon Heavy, premier vol réussi

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Développer un lanceur lourd, capable d'emmener sur orbite géostationnaire et bien au-delà une charge telle une navette,  Space X et son démiurge Elon Musk auront mis de longues années avant de montrer que ce pari avait été tenu, mais désormais, c'est fait : la fusée FALCON HEAVY, le lanceur le plus puissant depuis les fusées Saturn V, qui avaient emmené les sondes Apollo et ses humains vers la Lune, a réussi son premier vol...
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Pour ce vol inaugural, il y avait juste un objet symbolique, que tous les médias ont surdécrit avec une surenchère croissante pour donner le sentiment du ridicule mais en minimisant l'exploit, ils sont juste arrivés à le grandir.
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Pour bâtir une station spatiale en orbite autour de la Lune, les hommes auront besoin d'outils puissants. La NASA prépare le lanceur SLS, les européens ne développent... pas grand chose, toujours frileux, toujours en retard de plusieurs trains... et la Falcon Heavy, mettant en œuvre sa dernière réussite, s'offre le luxe de récupérer deux des trois premiers étages qui propulsaient la Falcon Heavy. 
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De 1972 à aujourd'hui il s'est écoulé 46 années, qui ont semblé bien longues et c'est un grand espoir que de voir la création d'un vecteur capable d'emmener des hommes loins, sur la Lune, tout d'abord et avec un tel outil, sur Mars, un jour... peut-être avec l'autre fusée géante en développement chaque Space X, la Big Falcon Rocket ?
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dimanche 2 avril 2017

Fusée réutilisée (1er étage) : une première

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Difficile de contourner une actualité spatiale curieusement dominée par deux évènements antagonistes : le clouage au sol d'une part, de la fusée Ariane 5, parce que les gouvernants à force d'ignorer que les fusées sont faites par des humains, mesurent mal ce que font trente ans de mépris et d'indifférence, et qu'il est difficile de faire cohabiter une région sous-équipée avec l'installation la plus prestigieuse de l'Europe en pleine forêt Amazonienne...
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Euh... La mémoire manque parfois, il me faut nuancer avec un rappel de la défunte navette spatiale qui a été la première à démontrer la possibilité d'un vaisseau réutilisable.
Mais aujourd'hui, le triomphe de la fusée Falcon-9 nous le ferait presque oublier : Elon Musk l'avait annoncé, dans le plus grand scepticisme, et il l'a fait. Pour la toute première fois, un constructeur, Space X en l'occurence, a lancé un satellite en se servant deux fois de suite du premier étage d'une fusée : le premier étage a effectué deux lancements successifs et est revenu sur Terre deux fois de suite en atterrissant sur une barge en haute mer. Jamais un tel exploit n'avait été réalisé auparavant.
 Le premier étage étant la pièce la plus coûteuse du vaisseau, cette réussite propulse les lanceurs dans l'ère du vaisseau réutilisable. Le premier étage a atterri impeccablement sur une barge en mer, comme cela est devenu, en moins de deux ans, une technique parfaitement maîtrisée...
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Dans la foulée, l'autre projet de fusée réutilisée a fait l'effet d'une annonce parallèle. Jeff Bezos, le dirigeant de Blue Origin, a publié une image du moteur du premier étage, le BE_4, qui équipera le premier étage des fusées de la société ULA (United Launch System  regroupe les sociétés Boeing et Lockheed Martin). Mais là, même si la volonté affichée est d'une belle clarté, il reste du chemin — entre la promesse et sa réalisation — à parcourir...

samedi 9 avril 2016

Dragon : réussite du retour du premier étage d'une fusée Falcon 9

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Un an après un échec, après avoir raté à plusieurs reprises la récupération du premier étage, hier, la société SPACE_X a réussi le lancement de la mission à destination de la Station Spatiale Internationale (le décollage est aux alentours de 18'30").
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Mieux, POUR LA PREMIÈRE FOIS, le premier étage a été redirigé et a réussi à « atterrir » sur une barge en mer, presque au milieu de la cible, (mer un peu agitée, vent de 80 km/heure, quand même), regardez sur la vidéo, c'est à 27'27", et c'est quand même époustouflant de voir le premier étage freiner brutalement et se poser comme une fleur sur la barge, minuscule...
De retour sur Terre, cet étage devrait être testé et pour la première fois aussi, ré-utilisé pour un lancement ultérieur, en juin (à suivre) : sa conception, très différente selon le PDG de Space X, Elon Musk, lui permettrait d'envisager au moins une dizaine de lancements successifs (il parle même de 100..., mais lui aussi doit déborder un petit peu).
Si les Européens pouvaient en prendre de la graine ! je suppose qu'ils mesurent le retard qu'ils ont pris sur cette nouvelle phase qui s'ouvre sur l'Accès à l'Espace. Car, la baisse (la chute ?) du coût des lancements devrait permettre — aussi — d'inaugurer une nouvelle phase de l'exploration spatiale...
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 L'ère qui s'ouvre demandera encore de nombreux essais, et devra affronter de nouveaux échecs, mais, millimètre par millimètre, une porte nouvelle sur l'Espace s'ouvre...
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dimanche 3 avril 2016

Brèves Spatiales (Avril 2016)

Une très jolie image de Churyumov-Gerasimenko prise à contre-jour et en flagrant délit de dégazage :
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Pour la troisième fois consécutive, la société Blue Origin a utilisé le même moteur pour propulser une navette à plus de cent kilomètres, grâce la première version de son lanceur BE-3 et il a ainsi pris une avance importante sur tous ses concurrents, dont Space-X.
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Lancement prévu le 8 avril d'une capsule Dragon, de la société Space_X, pour ravitailler la station spatiale internationale. La capsule sera lancée par une fusée Falcon 9 Version 1.2 : il y a un an, lors du lancement de la capsule Dragon, la fusée avait explosé. Depuis, deux vols ont été réussi : le lancement a gagné en sécurité, réfrigération améliorée du réservoir de pressurisation, puissance des moteurs Merlin accrue...
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Et à Kourou, le CNES prépare activement le lancement du deuxième satellite de la mission SENTINEL : SENTINEL-B. Lancement prévu par une fusée Soyouz le 22 avril.


jeudi 10 mars 2016

Ne vous fiez pas au Ciel qui dort (revue de presse)

Pour le ciel, pas d'actualité brûlante ou plus brillante que le projet de Code du Travail qui oblitère les autres cette semaine, mais il y a matière, pour l'esprit à s'envoler un tout petit peu : dressons une liste — non limitative — de quelques attentes.
L'ESA — l'Europe donc — est engagée dans la mission martienne franco-américano-russe. Une fusée doit décoller le 14 mars de Baïkonour, avec Exomars : Exomars comporte un orbiteur et un atterrisseur, ce qui, pour l'Europe, sera une grande première : (quoique, Huyghens a bien atterri sur Titan, et Philae sur Rosetta, « un peu cassés la margoulette », sans parler d'un vieil et cuisant échec martien) : Schiaparelli montre à l'envie que l'ESA veut et peut être capable de faire atterrir un visiteur mobile sur Mars. (et que ce problème n'est pas simple !)
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Le tour du monde de SI2 s'est arrêté l'an passé après qu'il eut accompli un exploit, cinq jours de vols en continu qui l'ont conduit de Nagoya à Honolulu. Mais, après cette première mondiale, l'avion solaire présentait des avaries si importantes que la mission a été suspendue pour de longs mois... En particulier, les batteries ont souffert du froid des hautes altitudes et elles ont été revues et modifiés.
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Un mail m'annonçait le 9 mars que Solar Impulse s'apprête à voler à nouveau : les équipes se sont employées à réparer les avaries, et à remplacer les pièces fragiles. Deux vols dans le ciel hawaïen ont permis de qualifier les réparations et d'autoriser la libellule solaire pour la poursuite de son merveilleux tour du monde. À suivre...
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LAS, BUT NOT LEAST : L'IDÉE VILLAGE D'UN VILLAGE LUNAIRE CONTINUE SON BONHOMME DE CHEMIN...
« J'ai l'intention de construire une base permanente sur la Lune: ce sera une station ouverte pour différents Etats participants, des pays des quatre coins du monde. » explique posément le nouveau directeur général de l'ESA, Jan Wörner. Le village ! voilà une riche idée et une bonne modélisation de ce qu'est l'Europe aujourd'hui.
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L'idée présente une ouverture originale : chaque nation pourrait apporter sa contribution, sous la forme d'une nouvelle maison... une auberge espagnole, à l'échelle mondiale, en quelque sorte, où le village ne deviendrait que ce que chacun est prêt à contribuer...
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 Récemment, l'ESA a démontré sa capacité à manipuler la communication... Si la communication ne sert qu'à magnifier des projets destinés à ne jamais aboutir, grand est le risque de retourner contre elle la désillusion des rêveurs, naïfs, peut-être, mais aussi fatigués de la vanité des promesses. Mais si, à force de patience et de travail, elle mène à des aventures aussi motivantes qu'ont été Cassini, Rosetta, alors...
 Avec des imprimantes 3D, qui se serviraient du régolithe lunaire comme matériau de construction, il faudra peut-être vingt ans pour que ce projet aboutisse, mais il serait un excellent vecteur de développement d'un spatial qui vise à la marche suivante, de la banlieue de la Terre à l'orbite lunaire, un pas, un petit pas pour l'humanité...

dimanche 7 février 2016

Aperçu sur le développement du Privé Spatial

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18 novembre : le Space Act of 2015, loi votée par le congrès U.S. ouvre la voie théorique d'une exploitation minière des astéroïdes (et révolutionne complètement un droit international désinteressé, qui prévalait jusqu'alors)
24 novembre : une fusée BE_3 emmène un prototype à 100 km d'altitude et revient se poser à son point de départ.
22 décembre : une fusée FALCON 9 V1.1. met en orbite un satellite et parvient à faire revenir à son point de départ le premier étage.
16 janvier 2016 : la NASA qualifie la version cargo du Dream Chaser pour ravitailler la Station Spatiale Internationale.
Au quotidien, les événements se succèdent : tout d'abord, celui dont tout le monde a parlé, le 21 décembre 2015, la société SpaceX fait atterrir impeccablement, le premier étage de sa fusée FALCON 9 et ouvre la voie à une fusée ré-utilisable, passage obligé pour qui veut faire baisser le coût des transports spatiaux.
Deux autres atterrissages réussis ont lieu presque en même temps, avec la société Blue Origin : le 24 novembre 2015, la fusée BE-3 emporte une capsule à 100 km d'altitude et parvient à faire atterrir le premier étage. La seconde fois, en janvier 2016 : le même étage est ré-utilisé pour atterrir une seconde fois.
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La troisième nouvelle date du 16 janvier 2016 et est passée plus inaperçue : la N.A.S.A a qualifié la version cargo du Dream Chaser, de la société Sierra Nevada Corporation, pour le ravitaillement de la Station Spatiale Internationale.
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L'an passé, la N.A.S.A, lors de la qualification d'un véhicule capable d'emporter, et de ramener sur Terre des astronautes vers la Station Spatiale Internationale, avait recalé le projet de Dream Chaser, et retenu les projets présentés par Boeing, le CST-100, et encore une fois, la société SpaceX pour sa navette Dragon (V2)).
En matière de ravitaillement, le Dream Chaser vient compléter les cargos développés par les sociétés Orbital Sciences (Cygnus) et SpaceX (Dragon, version cargo), précaution nécessaire après les échecs retentissants de l'année écoulée.
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ESSAI DE SYNTHÈSE :
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Pour moi, le Spatial et son développement ont toujours été le fait de sociétés publiques, mais ce dogme a été mis en brèche depuis trente ans : dans les années 80, le développement de la fusée Ariane s'est fondé autour d'un mariage d'intérêts nationaux : l'ESA, l'Agence Spatiale Européenne et d'intérêts privés, Arianespace. Pendant longtemps, la NASA a combattu cette vision mercantile de l'espace qui est devenu aujourd'hui une réalité incontournable.

Depuis quinze ans, la N.A.S.A. échoue à relancer l'exploration spatiale, autrement que par des sondes interplanétaires et des observatoires. La phase d'exploration et de découverte du système solaire a été achevée cet été avec le survol de Pluton par la sonde New Horizons, mais le déploiement des hommes vers l'espace est totalement arrêté depuis le 19 décembre 1972, soit environ 43 ans et la Station Spatiale Internationale, bien qu'elle ait permis de faire avancer la connaissance pour la vie dans un milieu aussi hostile arrive en fin de vie : toutefois, il est facile d'imaginer les ressources touristiques qu'elle pourrait offrir à des personnes assez fortunées pour s'offrir un séjour à son bord.
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Donc, à la suite de l'arrêt du programme Constellation, par l'administration de Barack Obama, le développement d'un nouveau véhicule spatial, développé par des agences nationales (l'Europe participe au programme Orion) a été conditionné à une privatisation progressive des « orbites basses ».
Cette privatisation progressive du proche espace passe par l'ouverture à la notion de profit, et à une certaine libéralisation, exploitation minière ou développement du tourisme : la faiblesse des matières premières rares, et le désir de voyager dans l'espace garantissent un apport de ressources (des passagers pour le projet de Virgin Galactic ont réservé leur billet sans aucune garantie quant à la finalisation du projet).
Difficile de conclure à la beauté stratégique du processus, ou de gémir en pensant à l'abandon d'un développement désintéressé (fort illusoire, mais il existe des passionnés, persuadés que le Spatial ne doit pas se soumettre aux lois du Marché), mais il serait présomptueux de conclure à l'échec de cette stratégie : pour l'instant, elle ouvre l'espace au désir de quelques personnes assez riches pour développer de nouveaux outils, et en particulier de redéployer le domaine des lanceurs — qui a fort peu évolué depuis les fusées Saturn V qui emportaient les capsules Apollo — et des vaisseaux spatiaux, le développement et le succès des moteurs ioniques appellent de nouveaux développements de propulsion. 
À ces objectifs technologiques nouveaux,  cette stratégie a l'avantage de libérer les administrations nationales pour la recherche, la connaissance, et la curiosité humaine.
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OBJECTIFS CONNUS POUR 2016
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. Blue Origin développe un premier étage BE-4 qui doit succéder au BE-3 et équiper des fusées lancées par les sociétés Orbital Sciences ou ULA. (en remplacement des premiers étages de fusées russes 
. SpaceX tente d'occuper tous les créneaux spatiaux, avec le développement du cargo Dragon V1 et de la navette, Dragon V2. Cette année, SpaceX prévoit le premier essai d'un lanceur lourd : Falcon Heavy, capable d'emmener 53 tonnes en orbite basse, ou 21 tonnes en orbite géostationnaire (30 000 km d'altitude), mais rien, ou presque n'a filtré.
. Boeing devrait finaliser la première version de sa navette CST-100.
. D'autres projets, plus difficiles à décrire, sont mis en œuvre actuellement par les sociétés Deep Space Industries ou Planetary Ressources, afin de définir les prototypes d'une exploitation des astéroïdes.

. L'ESA, associée récente de Sierra Nevada Corporation, pourrait engager un co-développement vis-à-vis de la navette cargo Dream Chaser... souhait personnel, puisqu'il serait dommage d'écrire un article de synthèse, sans émettre une opinion, si modeste soit-elle. L'an passé, l'ESA a beaucoup dépensé pour une opération de communication, avec le lancement de l'IXV, réussi, mais qui n'a fait l'objet — à ce jour — du moindre développement... Alors, ne serait-ce pas un souhait très réaliste que de mettre au premier plan, l'Homme — Voyageur ou Villageois Lunaire, comme l'évoquait le directeur de l'ESA, Johann-Dietrich Wörner, dans la politique spatiale ?
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samedi 19 avril 2014

Lancement de FALCON 9 (1.1) réussi


Je vous le livre à chaud : la société Dragon/Space X a réussi son premier lancement de l'année avec le lanceur Falcon 9 version 1.1. La vidéo est un peu longue, et en américain, fort bavarde. Pour les gens pressés, rendez-vous directement au minutage : 39 minutes et 50 secondes, pour assister au lancement de la fusée FALCON 9 :

Cette fusée, version 1.1, est un développement industriel à la fois original, et cohérent, ce qui fait tout l'objet de sa singularité : peu d'annonces fracassantes, mais des réalisations qui s'enchaînent, depuis plusieurs années, en collaboration avec la NASA.
Après quelques incidents, — normaux si l'on considère que ce lanceur est basé sur des technologies nouvelles — trois exemplaires de cette nouvelle fusée ont déjà volé en 2013, et vendredi 18 avril, le lancement de ce numéro 4 de la version Falcon 9 V1.1. s'est parfaitement déroulé.
Etape d'un développement industriel plus vaste, la fusée Falcon 9 a un premier étage doté de huit moteurs répartis sur un cercle (la première version étaient dotées de 9 propulseurs répartis en carré, mais il y a eu des pannes et des incidents qui ont fait préférer cette nouvelle structure). Les étapes suivantes censées suivre sont : 
. le développement d'un premier étage récupérable, 
. un lanceur lourd capable de placer en orbite une masse de plus de cinquante tonnes,
. un véhicule spatial habité, la capsule Dragon.
Ce qui fait tout son intérêt... puisqu'un tel véhicule, doté de propulseurs, serait capable d'emmener un jour — à nouveau — des hommes dans l'espace...

jeudi 21 mars 2013

Jeff Bezos dans la course à l'espace

 Suite à l'annonce sur le site de Ciel et Espace du repêchage par 4270 mètres de fond d'un des moteurs d'Apollo 11, la mythique fusée qui emmena Armstrong, Aldrin et Collins sur la Lune, je découvre qu'il me faut ajouter un quatrième milliardaire du spatial, Jeff Bezos à la liste que j'avais initiée il y a deux semaines. Branson a fait fortune grâce à Virgin, Elon Musk est le créateur de Paypal, Dennis Tito, c'est un peu plus obscur, Jeff Bezos est le créateur d'Amazon. Le développement d'Internet semble être le nerf du spatial.
 A l'instar de ses... concurrents, Jeff Bezos s'est engagé dans une activité spatiale en 2000 en fondant la société Blue Origin.
 Blue Origin travaille à créer une navette spatiale dont l'objectif serait d'atteindre le proche espace (une centaine de km d'altitude). Elle emmènerait des touristes et leur ferait passer un moment inoubliable à regarder la courbure de la Terre, les continents et le ciel tout noir, avant de redescendre sur Terre. Je mets ci-dessous deux essais. Le premier est le plus récent, l'atterrissage se fait avec des parachutes. Le second fait plus rêver, car l'atterissage s'opère à la verticale avec rétro-fusées allumées, mais il semble le plus ancien et sous-entend peut-être que cette technique n'a pas été retenue, peut-être trop instable ou trop gourmande en carburant ?
 Pour la petite histoire, cette navette s'appelle New Shepard, en hommage au premier astronaute américain.
 Pour l'essai ci-dessous, un petit moteur envoie la navette à 2000 pieds. Ça ne fait pas encore rêver :-) mais ça marche. Sur le site de Blue Origin, on insiste bien sur le fait qu'ils veulent progresser step by step.
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vendredi 1 mars 2013

Branson, Elon Musk, Dennis Tito : leaders du spatial ?

Je me permets de rapprocher trois démarches privées :
1°) Richard Branson est un entrepreneur anglais qui est devenu milliardaire et qui s'est fait remarquer il y a quelques années en finançant un vaisseau spatial Spaceship, qui a remporté l'ANSARI X-PRIZE, en faisant voler son bolide jusqu'à une altitude de 100 Km. On a eu quelques de nouvelles du second véhicule, Spaceshiptwo en 2010 et rien depuis...
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2°) Elon Musk est une autre milliardaire, sud-africain, qui rêvait d'espace, et qui s'est penché sur les fusées et leur coût. Dans une interview datée du 21 octobre 2012, dans un magazine anglo-saxon, WIRED, il explique comment, en réfléchissant à un projet d'envoyer une serre sur Mars (pour y développer de la vie au loin), il en est venu à examiner les fusées et leurs technologies. Son verdict, les fusées actuelles sont chères, leurs technologies sont surannées (elle date des années 60) et les administrations d'état sont frileusement repliées sur des questions de sécurité qui bloquent toute réflexion. Pour lui, le premier obstacle du spatial consiste dans le coût de son accès. En conséquence, il a fondé la société FALCON, avec laquelle il développe des lanceurs, multiplie les brevets (sans les publier, car il considère que les chinois sont des adversaires-copieurs redoutables) et a développé des fusées peu onéreuses (il avance un coût divisé par 10, bénéfice compris, par rapport à la NASA) : son grand challenge du moment consiste à mettre au point un lanceur réutilisable. 
  Parallèlement, il étudie la mise au point d'une capsule pour des voyages vers la Lune et vers Mars. Elle s'appellerait Dragon. Clairement, il se positionne comme un recours raisonnable face à la politique des états. A suivre... 

Le premier mars 2013, une fusée FALCON a décollé de Cap Caneveral en Floride, emportant une capsule DRAGON destinée à ravitailler la station spatiale internationale... puis à revenir sur Terre, chargée de résultats d'expérience. Elon Musk est un acteur incontournable du spatial.
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3°) Dennis Tito est un troisième milliardaire américain, qui se passionne pour le spatial. Il a été notamment un des premiers touristes à voyager sur la Station Spatiale Internationale. Il n'est à la tête d'aucune entreprise spatiale, mais il vient de faire une déclaration flamboyante le 27 février, proposant un projet simplifié de voyage vers Mars, deux personnes qui irait effectuer quelques orbites autour de la planète Rouge : beaucoup de communication, pour l'instant, et des spécialistes qui doutent.
 En effet, on ne peut rattacher aucune entreprise spatiale au projet de Dennis Tito, à part le fait qu'il est prêt à dépenser beaucoup de millions de dollars à perte, en vue d'obtenir un titre de reconnaissance de l'humanité. Why not ?
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 Dans une époque où les administrations étatiques patinent dans la choucroute depuis des années : NASA à court de projet, d'ambition, et de budget, ESA européenne très sage et partisane des petits pas (mais en développement, certes), il ne reste dans la course au spatial que les indiens, partis en dernier, et les chinois (un peu martiaux, un peu militaires, pour l'instant)
 Côté occidental, il est significatif que des hommes d'affaire s'emparent d'un rêve avec audace et se lancent dans des développements novateurs, jettent des idées simples (en reprenant une idée de la Nasa et en divisant par deux toutes les contraintes, Dennis Tito définit un objectif réalisable, alors que celui de la Nasa ne l'est pas, et ne semble là que pour combler une absence d'idée). Est-ce la fin du spatial étatique ? L'avenir appartient-il à l'entreprise privée ?
 Par goût, ça me chagrinerait un petit peu, j'aime bien les états, c'est rassurant, et en France, l'état a toujours été un bon innovateur de technologies (train, voiture, nucléaire, téléphone, réseaux, médecine), mais si l'avenir du spatial passe par des volontés individuelles, il convient de suivre attentivement l'évolution des choses.
 Si les communicants ont de véritables projets, qu'ils y aillent, qu'ils les développent, et s'ils réussissent ils auront notre respect. Si ce n'était que communication, leur regard critique est néanmoins enrichissant.