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dimanche 18 mars 2018

Message (La flûte de Jade)

  Ami, je t'en conjure, ne viens pas me retrouver ! Tu meurtrirais les saules que j'ai plantés devant ma demeure ! Je ne dois plus t'aimer. Il faut que j'obéisse à mes parents. Je leur ai dit combien je t'aime, combien tu m'es nécessaire, et j'ai entendu leurs violents reproches.
  Ami, je t'en conjure, ne franchis pas le mur de notre cour ! Tu briserais les rameaux du jeune santal que j'arrose chaque matin ! Il m'est impossible de te donner mon cœur. La volonté de mon frère aîné est inébranlable et il m'a défendu de t'aimer.

  Ami, je t'en conjure, n'arrache pas la barrière où nous nous sommes accoudés, le soir de ton départ ! Tu déracinerais le rosier dont je vais respirer les fleurs au crépuscule.
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  Difficile de restituer le sens des poésies chinoises anciennes, une profonde mélancolie les ancre dans notre présent, cette poésie vient d'un recueil ancien dont j'ai déjà publié deux poèmes dans cette rubrique, mais je ne peux m'empêcher de penser que le poème hésite entre le constat de ce qui est, la réalité, sordide, un milieu étouffant, le recours au symbolique pour lui donner un sens caché aux yeux du vulgaire et d'un milieu répressif, qu'il s'appelle famille ou milieu social, et l'appel à la révolte, car, nul doute que si l'amoureux vient, il  n'y pas que cette mystérieuse barrière qu'il arrachera à son destin...
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dimanche 31 janvier 2016

L'Adieu (poésie chinoise)

L'oiseau yüann et l'oiseau yang nagent côte à côte sur le fleuve Kinn dont les flots onduleux coulent vers le nord. Quand l'oiseau yüann s'arrête à l'ombre d'un arbre de la rive, sa compagne s'arrête parmi les roseaux en fleurs. Tous deux préféreraient la mort ou la captivité plutôt que la fuite, si, pour fuir, ils devaient se séparer.
Adieu, seigneur de ma vie ! Aucun fleuve ne peut revenir à sa source, aucune rose ne peut revenir sur le rosier qui l'a laissé tomber.
- Malgré la croyance générale, les plantes ne sont pas insensibles. Qu'advient-il à celles dont la nature est de s'attacher ? L'une vit et meurt à l'endroit où le vent laissa tomber la graine qui lui donna le jour, l'autre périt dès qu'on l'arrache de l'abri qu'elle avait choisi. La nature est clémente pour la fleur, mais l'homme est cruel pour la femme qui l'aime.
Adieu, seigneur de ma vie ! Aucun fleuve ne peut revenir à sa source, aucune rose ne peut revenir sur le rosier qui l'a laissé tomber.
- En souvenir de moi, gardez ces trois hirondelles de jade. Elles brillaient dans ma chevelure, le jour de notre mariage. Essuyez-les chaque soir avec votre manche de soie. Et ne roulez jamais la natte sur laquelle vous m'avez caressée... Laissez les araignées y tendre leurs fils. Permettez-moi de vous demander de conserver toujours le bloc d'ambre sur lequel je posais ma tête, pour dormir. Les rêves qu'il vous donnera vous rappelleront notre passé.
Adieu, seigneur de ma vie ! Aucun fleuve ne peut revenir à sa source, aucune rose ne peut revenir sur le rosier qui l'a laissé tomber.
- J'ai oublié, dans votre coffre sculpté, mon petit manteau de plumes. Ne le mettez jamais sur d'autres épaules que les vôtres. Quant à mon miroir, mon miroir d'argent où mon cœur se reflétait comme un visage au fond d'un puits, tendez-le souvent à votre nouvelle épouse et qu'il vous aide à connaître son cœur.
Adieu, seigneur de ma vie ! Aucun fleuve ne peut revenir à sa source, aucune rose ne peut revenir sur le rosier qui l'a laissé tomber.

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Il s'agit aujourd'hui encore de ce joli recueil de poésies chinoises, trouvé à la brocante d'Orléans. Pour ce dimanche, voici un poème très mélancolique sur l'abandon... poème écrit par une femme, même si l'auteur reste anonyme.

dimanche 17 janvier 2016

Je me promenais (poésie chinoise)

          En files noires, des oies sauvages traversent le ciel.
         On voit, dans les arbres, des nids abandonnés.
         Les montagnes semblent plus lourdes.
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         J'ai trouvé, près de ma fontaine, 
         La flûte de Jade que tu avais perdue cet été.
         L'herbe haute l'avait soustraite à nos recherches.
         Mais, l'herbe est morte,
         Et ta flûte brillait au soleil, ce soir.
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         J'ai pensé à notre amour,
         Qui est resté si longtemps enseveli
         Sous nos scrupules.
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 À la brocante des boulevards, ce samedi, j'ai trouvé un recueil de poésies traditionnelles chinoises, réuni par Franz Toussaint et traduites par Tsao-Chang-Ling. Le poème qui donne le titre de ce recueil est une merveille tout à fait de saison...
Il existe une adaptation « chantée à la française » peu à mon goût, je l'avoue, mais cette demoiselle et ses morceaux pour flûte me semblent l'expression qui évoque le mieux ce poème. Le format du poème correspondait peu à celui du blog, j'ai donc pris la liberté de le mettre en page de manière classique... mais le livre le donne en prose.
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