Voici une autrice belge – Katia Lanero Zamora, dont je viens de faire la découverte avec Les Ombres d’Esver, un récit puissant qui s’aventure plutôt que dans la fantasy, dans les territoires du fantastique…
Le roman met aux prises une mère et sa fille, Amaryllis. Quotidiennement, la mère contraint Amaryllis à une litanie de tâches en vue d’obtenir son admission dans une école botanique prestigieuse, perspective dont cette dernière doute parfois…
Tous les jours, les tâches répétitives s’enchaînent, Amaryllis est réputée fragile et, dans ce château délabré, envahi par la végétation, dont elle et sa mère n’occupent qu’une petite partie, celle-ci découvre que sa mère, sans le lui dire, lui administre tous les soirs une drogue, qui la fait sombrer en léthargie et dans un sommeil qui semble oblitérer les rêves.
Toutefois, dans ce château dont Amaryllis a appris à connaître les cachettes et les salles secrètes, la première nuit où elle parvient à échapper à sa camisole chimique, c’est pour découvrir que la nuit change de nature le château et que celui-ci devient un territoire fantastique, hanté de créatures monstrueuses ou amies, aux jardins emplis de dangers, et les parties abandonnées du château ressemblent soudain à un labyrinthe dont Amaryllis cherche l’issue… une issue qui pourrait signifier le retour à une réalité maîtrisée, mais n’est-ce pas trop tard ? Elle apprend que son père a décidé de lui faire épouser un de ses associés, une créature répugnante totalement soumise aux desseins de ce père redoutable et dont la fortune suffit à assurer respect et servilité de ses proches…
Le récit est prenant, et les secrets nous conduisent vers ces familles déchirées non pas tant par un passé traumatique, que par un système de carcans moraux plus rigides que les protocoles de botanique. Et Amaryllis peut-elle échapper à la destinée qu’un autre – fût-il un père proclamant son amour – a écrite pour elle et malgré elle ?

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire