lundi 9 novembre 2009

L'inverse exact du management : l'Excellence

Le management, c'est un travail dur, une absence de confiance, des humains se détruisant par le jeu du maillon faible, des tensions et un rendement nul puisque le résultat finit — toujours — dans la poche de l'Autre. L'excellence du Management, c'est la médiocrité.
Pour l'excellence, il faut s'être trompé, avoir hésité, s'être autorisé à hésiter, douter, accepter ses erreurs, celles d'autrui, s'avouer ses fautes, changer d'idée, tester, se tromper, corriger et...
L'excellence, c'est un mouvement inachevé...

samedi 31 octobre 2009

Hypocrisie et prostitution

A propos de la prostitution, hommes politiques, éditorialistes et philosophes s'en sont donnés à cœur joie : la prostitution est une honte, le client est une honte pour la France, et une honteuse. Depuis que la prostitution a été prohibée en France en 1946, elle n'est plus censée exister.
A chaque fois que l'actualité met en lumière l'un d'eux, il faut le fustiger. Que la prohibition de la prostitution n'ait jamais fait reculer celle-ci, qu'elle soit un facteur de paix sociale, que la prohibition ait généré des clandestins, une mafia, de la violence et des cohortes d'esclaves, on ne s'en soucie pas. Notre morale ignore la souffrance qu'elle crée : le front est haut, les dents blanches et le verbe fielleux.

mardi 20 octobre 2009

Migrant

Le fleuve argent, les arbres ombre chinoise,
Le ciel se teinte de rouge et de mauve
L'aurore déroule des litanies
De canards en forme de V,
Par centaines, ils remontent le fleuve
En quête de lumière,
Tous ne reviendront pas

dimanche 18 octobre 2009

François Maille nous a quittés

Comédien, dessinateur, écrivain et poète, papa, tout ce qu'il faisait était embelli par son talent et sa tendresse. Il disait souvent que son cœur avait mal et il avait un cœur d'enfant. Qu'il aille là où il le désirait et qu'il trouve le terme de son voyage... Une de ses dernières œuvres parlait de voyage, d'envol et du désir de merveilleux

mardi 13 octobre 2009

Le CODE SOURCE est-il une FORTERESSE ? (Gibson vs Panchard)

CODE SOURCE : W. Gibson FORTERESSE : G. Panchard.
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Curieusement, ces deux auteurs ont les mêmes tics : ils lancent cinq récits en parallèle, avec quatre personnages par micro-récit et ils truffent leur texte de Noms de Marque qui ne servent qu'à brouiller le lecteur au moyen d'un langage de consommation.
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En moins de trente pages, il faudrait être capable de mémoriser vingt personnages, à peine esquissés, car il faut aller vite, de se polluer l'esprit avec des Noms Propres qui ne font en rien avancer le récit, ils font joli, je suppose, mais, page 136, l'histoire n'a toujours pas débuté.
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Ces écritures dissimulent sous leur prolifération apparente, une absence de sujet, et sous le fourmillement des noms, des personnages absents à eux-mêmes. Et le lecteur ?

jeudi 8 octobre 2009

Fondation foudroyée : sidérante jeunesse d'Asimov

Il y a un an, par désœuvrement, j'ai lu Prélude à Fondation et L'aube de Fondation... Je viens de découvrir Fondation foudroyée. Les ricaneurs diront : Il était temps ! Oui da.
Plus je lis, plus le temps passe, plus la liste des livres à lire s'agrandit, et même si je ne me consacrais plus qu'à la lecture, cette liste va au-delà de mon trépas...
Asimov, je l'aime, mais il n'est pas dans mes préférés. Je ne l'ai pas gardé dans ma bibliothèque et je ne sais pas pourquoi. J'avais aimé Tyrann et Les Cavernes d'acier à 18 ans. A 20, j'avais dévoré Fondation et Empire. Et puis plus rien... Presque trente ans après, je me prends des coups dans la figure, il s'agit d'une littérature vigoureuse, non anémiée par une vision mièvre du genre, peu soucieuse de parodie et de préciosité. On voit l'auteur s'interroger sur des sujets qui n'existaient pas au temps des premiers pas, intégrer l'informatique, dans les Préludes à Fondation, et aussi le suicide progressif des robots, car ils aiment trop les hommes pour supporter leur violence envers les hommes...
L'écologie est au coeur de Fondation foudroyée, délaissant l'Empire et son idéologie dévastatrice, la Terre dont on dit qu'elle a disparu sous la radioactivité (personne n'admet que l'homme ait cru domestiquer la radioactivité !) A l'opposé, l'idée d'une écologie respectueuse hante l'esprit lassé des rêves de l'Empire...
Asimov a une science du personnage, capable de nous captiver sur un point de vue, et de révoquer le même, plus tard, montrant le bourreau sous la victime, l'avidité sous la proclamation humaniste, la violence des armes sous l'intelligence, la duplicité sous les traits de la beauté.
Le coup de théâtre final retourne le roman comme un miroir vers le lecteur, et lui pose la question, tout autant qu'au héros du choix de l'avenir le plus sage... Elégance de l'écrivain.

mercredi 30 septembre 2009

Le port du masque, accessoire de beauté

Je passe ma vie à rencontrer des médecins. Récemment, pour ne pas me transmettre de mauvais germes, une fort jolie femme, a mis un masque en coton pour me parler : sur le coup, ça m'a refroidi. Je vis chez moi, je sors peu et je vois peu de monde.
Donc quand je fais ce genre de rencontre, j'oublie que ces jolies femmes ne me rencontrent pas parce que je suis beau, mais parce que je suis malade et je parle... peut-être trop.
Les masques sont tous ignobles, surtout les rigides en carton qui ont allure de masque à gaz et qui nous rappellent la dernière guerre. Surprise : masque en coton souple, un joli blanc qui se marie avec la chevelure brune, les brides comme des rubans dans sa chevelure, elle était encore plus jolie, et je n'avais pas le droit de le dire...