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vendredi 15 septembre 2017

Cassini-Huyghens : chant du cygne...

Aujourd'hui vendredi 15 septembre 2017 sera jour de nostalgie, et de souvenirs heureux, car, bien que cela soit évident pour ceux qui l'ont lu, mon roman « Impulsion » doit beaucoup, beaucoup, et même énormément, à Cassini et à un de ses concepteurs, Jean-Pierre Lebreton...
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Titan filmée lors de la descente de Huyghens
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Saturne où se finira le destin de Cassini
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- Titan le 13 septembre 2017 (NASA/JPL-Caltech/Space Science Institute)
et le plongeon final :

samedi 9 septembre 2017

Florence (3122), l'astéroïde à deux lunes

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 L'astéroïde Florence, qui a frôlé la Terre, en passant à 7 millions de kilomètres, a révélé qu'il possédait deux petites Lunes, peut-être issues d'un impact, les spécialistes voient sur l'image ci-dessus un gros cratère d'impact. (Moi je ne vois rien, mais je n'ai plus de très bons yeux)
 Rappelons que (3122) Florence, baptisé d'après Florence Nightingale, précurseur des soins infirmiers modernes, est un gros astéroïde de 4,5 km, il régnerait à sa surface une gravité relative de 0,1 g (si mes calculs ne sont pas faux), et il fait partie de la famille Amor, une catégorie d'astéroïdes gravitant sur un cercle à peu près identique à celui suivi par  la Terre dans sa rotation autour du Soleil, mais légèrement décalé, donc surveillés de près parce que potentiellement dangereux.
 Les gens parlent toujours du danger, mais le fait qu'ils passent de temps en temps très près de nous, pourrait aussi être mis à profit pour poser le pied dessus, voire y installer un observatoire, non ? 
Les observateurs s'appuient sur une image plus définie, ici publiée et là on peut voir les cratères ! (quatrième image). Si j'ai bien compris, c'est un site d'astronomes d'Arecibo qui l'a publiée
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Au lieu de craindre que le ciel nous tombe sur la tête depuis trente ans, (et de se battre pour le droit à licencier, pas très imaginatif), ne pourrait-on pas le concevoir comme une ouverture pour personnes imaginatives et entrepreneurs audacieux pour s'y élancer ? 

mercredi 6 septembre 2017

Quelles sondes pour quels rêves ?

Un petit tour d'horizon, comme il m'arrive, rarement, d'avoir le courage de le faire... L'actualité spatiale est cette année remarquablement maigre ! Que reste-t-il de nos rêves dans le ciel ? Telle est la question.
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- crédit : Nasa
D'ici quelques jours, la sonde Cassini se suicidera en plongeant dans l'atmosphère de Saturne. Lancée en 1997, elle aura duré vingt ans !
Malheureusement, cet événement est celui qui va dominer l'actualité...  
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Sur et autour de Mars, après l'échec de Schiaparelli, gravitent encore des sondes vieillissantes, tandis que Curiosity et Opportunity nous offrent cette surprise étonnante : « Et pourtant ils roulent encore ! »
Voici une image du Mont Sharp, objectif ascensionnel avoué de Curiosity (crédit : Nasa)
Et voici une liste,  sans doute incomplète, des orbiteurs encore en activité : Mars Reconnaissance Orbiter (MRO), Mars Express, Maven, Exomars... qui, pour vieillissant qu'ils soient, rendent de multiples services.
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Au-delà de l'orbite Martienne :


- Cérès vue par Dawn, recherche de glace (crédit : Nasa)

. En orbite autour de Cérès, Dawn a été mise en retraite, et elle tournera autour de la petite planète jusqu'à extinction de ses batteries, et même après.
. En orbite autour de Jupiter, Juno a connu bien des déboires avant que le magnétisme destructeur de Jupiter n'en vienne à bout. Mission discrète, car cette sonde aura également fourni peu d'images et de faible qualité.
. En progression vers un corps céleste inconnu, New Horizons qui nous a livré un feu d'artifice éblouissant lors de la traversée du système plutonien, restera longtemps silencieuse, arrivée aux alentours de 2014 MU 69 en 2019.
Des observations, faites cet été, en cumulant six observatoires, ont permis de comprendre que cet astéroïde sans doute composé de deux sphéroïdes, collés ou pas, était une très jolie énigme... dont nous aurons peut-être la solution en 2019.
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Les nouveautés attendues viennent d'une sonde japonaise, Hayabusa-2 et américaine, Osiris Rex, toutes dédiées à des astéroïdes :
. Osiris - Rex :  : est une mission américaine dont l'objectif, l'astéroïde Benou, sera atteint en 2018, pas avant un an, avec prélèvement et retour d'échantillons... en 2023.
. Hayabusa-2 : est une mission japonaise, comprenant un atterisseur européen, eh oui, tout arrive !  et trois mini-rovers, direction l'astéroïde Ryugu, arrivée prévue en 2018, pour un prélèvement d'échantillons en 2019 ainsi que le largage des rovers, retour prévu vers 2020 ! pas avant.
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Ce tour d'horizon, assez tristounet, ne peut nous faire oublier les développements en cours, mais qui ont presque tous connu des déboires, plus ou moins fracassants, ou de simples retards, mais de retard en retard, la com' s'essoufle quelque peu :
  • Malgré des déclarations fracassantes, la fusée lourde Falcon Heavy est toujours en attente et Elon Musk multiplie les twits... On douterait parfois qu'elle soit aussi prioritaire qu'annoncé. Ironie impitoyable de Wikipedia, le premier vol était annoncé pour 2013. Rendez-vous en novembre 2017 pour le dernier vol inaugural annoncé...
  •  Les dernières nouvelles du premier étage BE-4 font état d'incident en mai. En renonçant au premier étage, RD-180, construit par des Russes, et en investissant sur un développement national, les Américains ont fait un pari courageux, mais pour l'instant, les ambitions spatiales qui vont de pair restent clouées au sol.
  •  La Chine qui a développé une toute nouvelle série de lanceurs, dont la fusée Longue Marche CZ-7 a connu plusieurs échecs au lancement avec toutes les déclinaisons de sa nouvelle famille de fusées.
  • De même, la Russie peine à concevoir un successeur à ses vieux et fiables Soyouz.
  • Et les Européens misent tout sur Ariane 6 dont les objectifs, très économiques, semblent dédiés à la banlieue terrienne...
Pour terminer, mes pensées émues vont aux inénarrables jumeaux, Voyager 1 et Voyager 2, partis en 1977, il y a quarante ans cette année ! et qui traversent les frontières du système solaire en vénérables pionniers insubmersibles !
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dimanche 3 septembre 2017

Le Merle in La classe du brevet (Michel Jeury)

      À la nature il se confie,
     Car son instinct pressent la loi.
     Qui rit de ta philosophie,
     Beau merle, est moins sage que toi !
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De qui est ce poème ? De Théophile Gautier. Où l'ai-je trouvé ? La réponse est l'objet de ce billet... Il y a deux ans, de passage chez mon frère et ma belle-sœur, j'ai trouvé dans leur bibliothèque, La Source au trésor un de ces romans de Michel Jeury qu'on qualifie de Paysans avec un dédain, évident pour certains, et qui s'est révélé être une merveille de sensibilité. 
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 Dans la même veine, j'ai déniché à la brocante aux Livres d'Orléans, La Classe du brevet, et là, même si le roman évoque un petit paysan préparant son brevet, et toute une série d'anecdotes savoureuses, je découvre une évocation discrète de sa vie, de son goût pour la poésie, comme en témoigne ce quatrain de Théophile Gautier cité en tête de cet article, ou, plus loin, la citation du premier quatrain d'un poème de Baudelaire :
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        Je suis belle, ô mortels! comme un rêve de pierre,
        Et mon sein, où chacun s'est meurtri tour à tour,
        Est fait pour inspirer au poète un amour
        Éternel et muet ainsi que la matière. 
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... et tout ce qui a fait qu'un enfant de paysan est devenu un des plus grands écrivains de science-fiction de sa génération. Je l'avais rencontré à la convention de Science-Fiction de Nyons en 2008, et j'avais été frappé par sa bonhomie, son humour et sa grande modestie...
 Pour revenir à La Classe du Brevet, le roman, formé de chapitres courts, qui semblent baguenauder tout en tissant une trame serrée, égrènent les références poétiques d'un petit paysan et, au travers de son parcours scolaire, de la découverte de la puissance évocative de la poésie. Lisez, lisez La Classe du Brevet !
P.S. : en bonus, je vous retranscris in extenso « Le Merle » de Théophile Gautier que Michel Jeury cite à plusieurs reprises, et dont la vie est évoquée.
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     Un oiseau siffle dans les branches
     Et sautille gai, plein d'espoir,
     Sur les herbes, de givre blanches,
     En bottes jaunes, en frac noir.

     C'est un merle, chanteur crédule,
     Ignorant du calendrier,
     Qui rêve soleil, et module
     L'hymne d'avril en février.
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     Pourtant il vente, il pleut à verse ;
     L'Arve jaunit le Rhône bleu,
     Et le salon, tendu de perse,
     Tient tous ses hôtes près du feu.
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     Les monts sur l'épaule ont l'hermine,
     Comme des magistrats siégeant.
     Leur blanc tribunal examine
     Un cas d'hiver se prolongeant.
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     Lustrant son aile qu'il essuie,
     L'oiseau persiste en sa chanson,
     Malgré neige, brouillard et pluie,
     Il croit à la jeune saison.
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     Il gronde l'aube paresseuse
     De rester au lit si longtemps
     Et, gourmandant la fleur frileuse,
     Met en demeure le printemps.
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     Il voit le jour derrière l'ombre,
     Tel un croyant, dans le saint lieu,
     L'autel désert, sous la nef sombre,
     Avec sa foi voit toujours Dieu.
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     À la nature il se confie,
     Car son instinct pressent la loi.
     Qui rit de ta philosophie,
     Beau merle, est moins sage que toi !

Théophile Gautier (1811-1872)

jeudi 17 août 2017

Imparfait, ce subjonctif !

      D'une historiette remise en toute confiance,
      Un grand maître dont je ne citerai pas le blaze
      Me déclara sans ambage : « De votre phrase,
      Barrez, rayez sans autre procès ce subjonctif !
      De telles vieilleries, il vaut mieux être chiche.
      Cette conjugaison surannée est outrance,
      Elle perturbe et déséquilibre l'affectif
      D'une narration par ailleurs trop riche. »
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Hors, il se trouve que le soir, il m'arrive de lire et de fréquenter l'œuvre d'un maître plus jeune, mais décédé dans la fleur de l'âge, il s'agit de Roland C. Wagner,  dont j'apprécie le style et les récits. Cette année, l'Atalante a eu la délicieuse idée de rééditer : « Le Chant du Cosmos ». Or que lis-je page 270, à propos de Yeff, qui vient tout juste d'émerger de vingt années l'esprit coupé de ses émotions et pour tout dire, affecté de vivre sans affection ?
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      « Il fallait bien qu'il occupât ses journées 
         Et c'était une manière comme une autre
         de se prouver qu'il vivait toujours. », 
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Propos plein d'à-propos d'un écrivain que j'apprécie tant et plus et qui résume fort bien ma pensée :                                                                                               
                                                En confidence et confiance, j'eus apprécié que,
                                                De la vitupérante diva de renom,
                                                L'inspiration vînt visiter le front.
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mercredi 2 août 2017

Petites choses auxquelles on tient

D'aucuns le nomment de printemps, mais j'ai pris du retard cette année, et le mois d'Août peut être un printemps, celui de la rentrée qui se hâte sur ses grands compas, ses règles, ses dictionnaires encore vierges et ses projets fous qui ne se réalisent jamais, sauf, parfois, un, comme rescapé d'un naufrage.
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Bien qu'aimant les livres, de passion parfois fluide, parfois sombre, bien qu'ils animent mes soirées, mes insomnies et les aubes d'angoisse, je me dois d'avouer que ceux-là ont échappé à mes envies, depuis tant et tant d'années, qu'il me faut bien leur avouer mon impuissance. Parfois arrêtés au milieu, parfois à peine effleurés, toujours aimés, toujours délaissés, preuve d'inanité muette et de vanité. Il doit y avoir ce premier tome des Enfants du Capitaine Grant, jolie édition de poche, reliée et gravée à l'ancienne, qui a fait les délices de certaines nuits mais si j'ai couru dans les chapitres de l'Araucanie, j'ai peiné à traverser l'Argentine...
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La voici, cette Pile à Lire, objet de tant de deuils : celui-là, j'en ai envie, je le lirai, promis, juré ! Puisque que c'est mon désir... et puisque la légèreté est dans mon âme, il me faut bien un jour m'avouer la vanité de mes illusions, voici donc cinq années d'espoirs et de promesse réduites en une pile, un néant, une longue litanie d'espoirs bafoués, de regrets attendris et d'un soupçon d'une honte gaie...
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Mais que c'est difficile que de me séparer de vous... qu'allez-vous devenir ?

mardi 25 juillet 2017

Souvenirs de la convention SF 2017 de Grenoble

Quand on vit dans la morne platitude, un passage en montagne relève un peu du merveilleux : ça, c'est ce que je voyais en prenant mon petit-déjeuner...
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Je vais nettement mieux, mais cette année, la fatigue m'a cantonné derrière mon stand, et je crois que j'ai beaucoup joué à Spider Solitaire, vieille vedette des ordis de récréation. Donc je prie mes lecteurs habituels — s'il y en a — de bien vouloir m'excuser, j'ai ramené quelques photos de Grenoble, prises un matin de promenade, des montagnes, de la brume et de l'eau, et aucune de la convention, qui était pourtant très sympathique cette année encore.
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Il n'y avait pas que les montagnes à être embrumées, je crois et sans boire une goutte en plus !
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Il y a eu du monde à cette convention, et il faut féliciter les Rêv'Ailleurs, Frédéric Fromenty, Gilles Goullet et consorts d'avoir réussi à monter cette convention malgré les difficultés rencontrées, difficultés sur lesquelles il est inutile de détailler.
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Pour les participants, je ne suis pas assez ancien pour le décompte, mais suffisamment, pour dire que nombre d'anciens ne sont pas venus, mais à l'inverse, de nombreux nouveaux, croisés l'an passé pour certains, ou ailleurs pour d'autres, sont venus. Je parlerai donc volontiers de convention charnière.
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Pour le futur, Jérôme Baud a présenté un projet de convention dans le Sud, comme il y a deux ans, à Vedène pour 2019 et cette sympathique proposition a recueilli tous les suffrages. Comme dans les chansons, nous retournerons, non pas sur le pont d'Avignon, mais dans le Vaucluse... et on verra bien si nous y danserons.
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Le prix Rosny 2017 a été attribué :
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Le prix Cyrano de Bergerac a été remis à Joëlle Wintrebert pour l'ensemble de son œuvre et ça fait plaisir pour elle et les magnifiques romans et nouvelles qu'elle nous a offerts.
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Les lauréats du prix Alain Le Bussy ont été révélés par Pierre Gévart, à nous de les découvrir dans les prochains Galaxies pour les lauréats et dans Géante Rouge pour les autres !
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Voilà, rendez-vous l'année prochaine en juillet 2018 à Amiens, pour la grande Convention nationale et européenne !
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PS : j'allais omettre le prix Versins, dont, en l'absence de Jérôme, je fus le secrétaire. Il fut décerné à Jean-Jacques Dumoulin ( — As-tu voté pour le Rosny ? — Comme avant, je suis un ex-vote-tôt !)