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dimanche 18 février 2018

Matin (Guillevic)


                                       *
L'un trempe son pain blanc dans du café au lait,
L'autre boit du thé noir et mange des tartines,
Un autre prend un peu de rouge à la cantine.
L'un s'étire et se tait. L'autre chante un couplet.
                                       *
Là-bas la nuit ; ici l'on ouvre des volets.
L'un dort, l'autre déjà transpire dans l'usine.
Plus d'un mène sa fille à la classe enfantine.
L'un est blanc, l'autre est noir, chacun est comme il est.
                                       *
Ils sont pourtant pareils et font le même rêve
Et le même désir est en nous qui se lève :
Nous voulons vivre plus, atteindre ce degré
                                       *
De plénitude où sont les couleurs de la pomme
Et du citron que le matin vient éclairer.
Nous voulons être heureux, heureux, nous autres hommes.
                                       *

1er février 1954
Un poème de Guillevic pour éclairer notre dimanche...

vendredi 9 février 2018

Falcon Heavy, premier vol réussi

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Développer un lanceur lourd, capable d'emmener sur orbite géostationnaire et bien au-delà une charge telle une navette,  Space X et son démiurge Elon Musk auront mis de longues années avant de montrer que ce pari avait été tenu, mais désormais, c'est fait : la fusée FALCON HEAVY, le lanceur le plus puissant depuis les fusées Saturn V, qui avaient emmené les sondes Apollo et ses humains vers la Lune, a réussi son premier vol...
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Pour ce vol inaugural, il y avait juste un objet symbolique, que tous les médias ont surdécrit avec une surenchère croissante pour donner le sentiment du ridicule mais en minimisant l'exploit, ils sont juste arrivés à le grandir.
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Pour bâtir une station spatiale en orbite autour de la Lune, les hommes auront besoin d'outils puissants. La NASA prépare le lanceur SLS, les européens ne développent... pas grand chose, toujours frileux, toujours en retard de plusieurs trains... et la Falcon Heavy, mettant en œuvre sa dernière réussite, s'offre le luxe de récupérer deux des trois premiers étages qui propulsaient la Falcon Heavy. 
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De 1972 à aujourd'hui il s'est écoulé 46 années, qui ont semblé bien longues et c'est un grand espoir que de voir la création d'un vecteur capable d'emmener des hommes loins, sur la Lune, tout d'abord et avec un tel outil, sur Mars, un jour... peut-être avec l'autre fusée géante en développement chaque Space X, la Big Falcon Rocket ?
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samedi 3 février 2018

Image NGC 7331

Dans les jours à venir, il est possible que j'intervienne moins souvent sur mon blog, et à vrai dire, que je le mette un peu en sommeil.
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Ayant l'occasion, pour le présent, d'animer un autre blog au sein de mon travail, je vais, au moins dans les semaines à venir, lui donner la priorité. Il s'agit d'un blog dédié à la littérature et à l'édition en région Centre-Val-de-Loire, donc, en guise de point de suspension, je vous offre une image de la galaxie NGC 7331, publiée sur le site de l'ESA :
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et si l'édition en région centre vous motive, c'est ici mais c'est facultatif :-) 

jeudi 25 janvier 2018

Se souvenir

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Quand j'ai eu quarante ans, en 2000, est paru mon premier roman : « Le Souffle du rêve », et pour moi c'était une ouverture au monde très tardive, j'avais perdu mon temps à vouloir faire du cinéma, à tort sans aucun doute, mais il m'avait fallu ces quinze années pour comprendre que la littérature était ce que j'aimais et la meilleure façon de vivre pour moi.
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Je l'ai dédié à une personne que je ne connaissais pas, mais dont l'exemple était un phare depuis que j'avais vingt ans, que j'avais lu Le Collier de Semlé et Le Monde de Rocannon : Ursula K. LE GUIN (ne pas oublier le 'K', elle y tenait, au K de son nom de jeune fille, Kroeber, le nom de son père).
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J'ai écrit à un éditeur, qui m'a donné le nom et l'adresse de son agent, qui m'a donné le nom et l'adresse de son agent aux U.S.A. à qui j'ai écrit une lettre, en français. Une amie l'a traduite, j'ai supporté l'ironie de son regard et ai envoyé le livre et la lettre.
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Deux mois plus tard, j'avais oublié, il y avait une  lettre de l'Oregon dans ma boite-à-lettres, je ne savais même pas où c'était, l'Oregon, et c'était une lettre de l'écrivain que j'admirais le plus au monde, qui me remerciait et me disait qu'elle aussi avait écrit une histoire sur des gens avec des ailes et que pour elle aussi, c'était une histoire assez triste, et de conclure : 
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« May be that the only only wings that can make us happy are whose of the spirit ? »
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Et là, c'était tout elle, une façon de rompre la glace et de faire vous oublier votre timidité. Plus tard, j'ai eu l'occasion d'être son éditeur, et je peinais à lui écrire les courriers pour les corrections et à les traduire en anglais, et c'est elle, qui avait fait toutes ses études en France, qui a un jour m'a dit : « Vous savez, je commence par lire votre lettre en Français, puis après en Anglais », elle s'amusait beaucoup des erreurs des traducteurs automatiques, ou des locutions typiquement françaises qui pouvaient m'échapper, « Requins de la finance » l'avait amusé (C'est comme ça que vous dites ?), et elle ne manquait pas d'évoquer les souvenirs qu'elle avait gardés de la Loire, où elle avait entendu,  pour la première fois, le chant du coucou.
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Et c'est avec une simplicité confondante qu'elle avait répondu à mes questions pour l'interview que je lui avais proposée pour la sortie du Pêcheur... Répondant même aux questions un peu trop curieuses, et embarrassantes, avec toute son élégance. Qu'elle reste vivante en nos mémoires ! Et que son écriture, si concise, si précise, si forte d'évocations croisées, si riche de personnages aux espoirs têtus, reste un modèle pour tous les écrivains...
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dimanche 21 janvier 2018

La solitude est un cercueil de verre (Ray Bradbury)

J'extrais ce passage d'une sorte de polar, écrit par Ray Bradbury, mettant aux prises le héros, un écrivain, et un policier... un peu trop cultivé. Justement... tous dérapent, chaque personnage tient tant à sa personne, que personne ne se conforme au costume qu'il est censé enfiler jusqu'à la caricature. Au contraire, l'humain déborde de partout et les rôles bougent, une vision libre de l'homme et avec humour en plus. Mais de quoi parle-t-on ? D'une enquête sur un meurtre ou de l'écriture ? C'est le flic, Crumley, qui commence :
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 — Vous savez à quoi vous me faites penser, fils ? À cette bande d'abrutis qui se traînaient derrière Alexander Pope en brandissant leurs poèmes, leurs romans, leurs essais et en demandant des conseils jusqu'à ce que Pope se mette en rogne et rédige son Essai sur la critique.
 — Vous connaissez Alexander Pope ?
Crumley poussa un soupir blessé, jeta sa cigarette par terre et l'écrasa du pied. [...]
 — ... Ouais Pope, nom de Dieu ! Je le lisais sous les draps, tard dans la nuit pour pas que les copains me prennent pour un pédé.
 — Je voulais dire...
 — Je sais ce que vous voulez dire, fit Crumley patiemment. Vous êtes tombé sur un truc intéressant, du moins c'est ce que vous croyez. Et ça vous met dans tous vos états. Vous mourez d'envie de remonter dans ce gros tram rouge et de refaire le trajet un de ces soirs pour attraper cet ivrogne et le ramener par la peau des fesses [...] Alors, tout de suite, vous avez les ongles pleins de sang à force de taper sur votre machine à écrire et le truc sort bien comme dit Hemingway, et votre intuition développe ses longues antennes toujours aussi sensibles. Ajoutez à ça du jarret de porc, et ça ne me fera toujours pas une choucroute.
 Il commença à s'éloigner en contournant le capot de sa voiture, répétition du désastre de la veille.
 — Oh que non! hurlai-je. Vous n'allez pas recommencer ! Vous savez ce que vous êtes ? Vous êtes jaloux !
 La tête de Crumley faillit lui tomber des épaules :
 — Je suis quoi ?
 Je vis presque ses doigts se tendre vers un revolver qui n'était pas là.
 — Et, et, et..., je pataugeai. Vous,... Vous n'y arriverez jamais !
 Mon insolence l'ébranla. Il tourna la tête pour me regarder par-dessus le toit de la voiture.
 — Arriver à quoi ?
 — Quoi que vous cherchiez à faire, vous... n'y... arriverez... pas.
 [... ]
 — À moins que vous n'appreniez... dis-je sans conviction, et en sentant une couleur vive me monter aux joues, à... euh... écouter vos tripes et pas votre tête.
 — Le Conseil philosophique de Norman Rockwell à l'Intention des Limiers égarés.
[ et là, le romancier a capté le policier et trouvé sa faille ] :

 — Simplement, dis-je avec lenteur, j'ai appris il y a des années que, plus je réfléchissais, plus mon travail était mauvais. Tout le monde croit qu'on doit se balader en pensant tout le temps. non, moi je me balade en sentant les choses et je les couche par écrit et, à la fin de la journée, j'y réfléchis. La réflexion vient ensuite »
C'est presque une définition de l'écrivain. 
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La Solitude est un cercueil de verre est un grand roman, qui parle plutôt de la solitude, mais pas comme d'une plaie, ou d'une douleur, juste comme une condition du quotidien, la solitude d'être ce que l'on est et de ne pouvoir le partager avec personne parce qu'on est ce que l'on est et pas autrement. Pas de souffrance, pas de plainte, juste marcher, aller de l'avant et savoir que si vous vous intéressez aux autres, la réciproque ne l'est pas, et que c'est une excellente occasion pour regarder, observer et raconter les gens. Et de décrire une galerie de solitaires et de solitudes toutes plus différentes les unes que les autres, et aucune n'est réellement malheureuse, parfois douloureuse, mais pas de malheur, sauf pour un... Le meurtrier ! 
Sourire plein d'ironie de l'immense Ray Bradbury. Alors, vous savez ce qui vous reste à faire ?

dimanche 14 janvier 2018

Matin frisquet

Un peu fatigué pour publier un poème, mais je peux vous offrir un beau lever de soleil bien frileux... sur une Loire remplie à ras-bord.
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lundi 1 janvier 2018

Bonne année 2018 !

                   Hein ?
                  Non, on dira rien de celle qui s'en va...
                 C'tait eune vilaine, eune meinteuse
                Eune bredouilleuse, eune tousseuse,
                Eune diseuse de calembredaines
               Et on va se la souhaiter bonne, 
              Celle qui vient, celle qui vous sourit, oui,
             Ne vous laissez pas embourber
            Ne vous laissez pas enfumer
           Ne vous laissez pas enfiévrer,
           Pas tousser, pas moucher, 
          Pas d'asthme, juste respirer !
         Ne serait-ce que pour changer,
        Faites ce que vous aimez ! 
       Ce que vous désirez !
      Juste suivre votre chemin,
     Celui qui vous appartient et
    Que nul autre que vous
   Ne peut arpenter !
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                                 BONNE ANNÉE 2018 !
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