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dimanche 18 novembre 2018

Bénou (101955) au plus près (Osiris-rex) !

La sonde OSIRIS-Rex a réalisé une série de clichés de l'astéroïde en vue de préparer la mission de collecte de matériel : une fois assemblé, le voici en toute majesté, il est pas beau ce gros bébé tout caillouteux ?
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Loin du patatoïde auquel Rosetta ne manquait pas de faire songer, il ressemble étrangement à un autre astéroïde lui aussi géocroiseur, Ryugu, autour duquel orbite actuellement la sonde Hayabusa-2 : une toupie, relativement pointue sur ses pôles, et assez renflée sur son équateur, il n'est pas assez gros pour prendre une forme sphérique, mais suffisamment pour avoir commencé le travail menant à une sphère. D'autres mesures sont également prises, mais je vous laisse vous référer à l'article Wikipedia pour en connaître le détail.
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La NASA nous indique que le bras amovible dont la mission effectuera le « Touch-and-Go » lors de l'atterrissage pour prélever du matériau astéroïdaire a été testé ! 
© crédit des images : NASA


vendredi 2 novembre 2018

OSIRIS-REx : Bénou en vue

© Nasa
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C'est une mission dont vous n'entendrez pas trop parler : elle croise à une vitesse bien raisonnable (bien moins que Parker Probe qui vient de battre LE record de vitesse d'une sonde spatiale : 246.960 km/h !) et puis son objectif n'est pas des plus sexy : un obscur astéroïde, Bénou (voir lien).
Découvert en 1999, il fait partie d'une famille d'astéroïdes dits géocroiseurs, c'est-à-dire qu'ils croisent régulièrement l'orbite de la Terre (orbite qui mesure environ un milliard de kilomètres : il y a de la place). Nommé intialement, et en toute poésie, 1999RQ36, la mission a conduit à le renommer Bénou, en l'honneur de la déesse de la Lune égyptienne.
© Nasa : première image de Bénou (1999)
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Lancée en 2016, la sonde Osiris-REx a mis deux ans à le rejoindre et voici donc la première photo qu'elle vient de fournir. Le critère de choix de Bénou est son ancienneté, environ 4,5 milliards d'années, soit l'âge du système solaire, donc un fossile correspondant à la fondation de notre système planétaire.
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© Wikipedia : trajectoire de Bénou
Pendant deux ans, OSIRIS-REx va étudier sa cible, profiter de sa position pour voir si la Terre possède des astéroïdes Troyens, c'est à dire positionné sur un point de Lagrange et occupant toujours la même position relative par rapport à la Terre (à environ 150 millions de kilomètres de nous) et en 2020, à l'aide d'un bras dépliable, tout comme son rival Hayabusa-2, OSIRIS-REx tentera de prélever des échantillons et de les ramener sur Terre à l'horizon 2023...
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En attendant voici la toute première image de la « star » du jour :
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© Nasa



dimanche 28 octobre 2018

La Rue (Francis Carco)

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 Rue des Poissonniers, vis-à-vis les ateliers du chemin de fer du Nord, je m'arrêtai pour considérer la façade d'une maison puis, m'informant de l'étage où logeait mon confrère Evariste Cabrol, me dirigeai vers l'escalier. C'était l'hiver : un dimanche soir.
 Je ne connaissais pas Cabrol. Il m'avait soumis un manuscrit absurde que je lui rapportais et, gravissant les marches, je me demandais quel homme il pouvait être quand je remarquai sur les murs cinq ou six inscriptions grossières auxquelles son nom se trouvait mêlé.
 — Cela, pensai-je, débute bien.
 Arrivé à la porte indiquée, je sonnai. Une jeune femme blonde, modeste, auxyeux noirs, vint ouvrir. Elle m'introduisit dans une pièce qui devait servir de chambre et de salle à manger puis m'apprit, à voix basse, que Cabrol m'attendait.
 — Il ne faut pas le contrarier, n'est-ce pas ? me recommanda-t-elle sur le même ton. Ce serait mal.
 Je répondis :
  — Soyez sans crainte.
  — Ah ! merci, fit-elle aussitôt. J'ai toujours peur. Sa tête travaille ! Il se croit du génie.
  — Mon Dieu !
  — Non, trancha-t-elle, avec moi, vous pouvez parler franchement. Je suis sa fille et sais qu'il n'arrivera jamais à rien. A son âge, il est trop tard.
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 Et, comme un petit homme suspect aux mains énormes se glissait dans la pièce et me dévisageait :
  — Maurice, tiens-toi tranquille, ordonna la jeune femme. Monsieur ne vient pas pour moi, mais pour père.
 Maurice hocha la tête.
  — Du moment qu'il s'agit du vieux, ronchonna-t-il, j'vois pas d'inconvénient.
  — C'est heureux.
  — Quoi, c'est heureux ?
  — Rien.
 — Pardon, reprit Maurice en traînant fâcheusement sur les mots. On avertit. Une supposition que j'aurais rencontré monsieur dans la maison, on se s'rait pas compris.
Tourné vers moi :
  — Louise, m'exposa-t-il est pour les cachotteries et j'peux pas les blairer, moi, les cachotteries. Chacun son caractère. Pas vrai ?
  — Tiens, répliqua  Louise, avec tes discussions, on ne se reconnaît plus !
 Et elle poussa une petite porte à droite, annonça :
  — Père, voici ta visite.
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 La pièce où se tenait Evariste Cabrol prenait jour sur la rue par deux fenêtres mais n'était guère plus reluisante que celle où l'on m'avait reçu. Cette pièce servait de chambre, comme l'autre, et au surplus de cabinet de travail. Ainsi je me trouvais dans le cadre où mon confrère composait ses récits et j'en ressentis une impression si vive qu'à l'idée du vieillard courbé devant sa table, la stupeur me saisit.
 Tout ce qu'au monde je chérissais pour l'avoir dépeint dans mes livres, se trouvait comme à plaisir réuni autour d'Evariste Cabrol. C'étaient ces murs tapissés d'un papier triste, à fleurs, et décorés d'un humble calendrier des postes, ce lit démodé d'acajou, ce « diable » qu'on n'avait pas encore allumé de la saison, cette glace de bazar surmontant une cheminée de marbre noir, à la prussienne, ce parquet nu et non ciré, enfin cette apparence revêche que présentait le moindre objet.
 Un paysage fumeux s'inscrivant dans les fenêtres. Après les toits en lame de scie des ateliers, à travers un espace béant, des lumières clignotaient. J'apercevais de massives silhouettes d'immeubles, que je n'eusse pu situer nulle part, le ciel livide et, ça et là, des postes d'aiguillage pris au milieu d'un surprenant lacis de fils téléphoniques.
  — Asseyez-vous, invita Louise. Père est content.
Cabrol la rabroua.
  — Laisse monsieur regarder, fit-il avec humeur.
 Je m'excusai.
  — Beau spectacle, hein ? dit Cabrol. Tout le rêve par ces deux lucarnes... Toute ma vie... Les trains passent...
  Après un temps :
  — Et nul ne se doute que j'habite cette baraque, que j'y peine, sans succès. Hé ! oui. Un vrai symbole. Chacun court. On est pressé. Seul, Evariste Cabrol, à travers ses vitres, considère l'agitation du siècle sans espoir que personne...
  — Mais, papa, interrompit Louise, pense à ce que tu racontes...
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Il y a une ambiance « réalisme poétique » terrible dans cette ouverture d'un roman de Francis Carco, de 1930, ici réédité en 1947. On croirait retrouver l'Ambiance du Jour se lève, avec le regard moqueur et douloureux de Carné et Prévert, je crois que les gravures sur bois de Jean Lébédeff me fascinent...

vendredi 19 octobre 2018

jeudi 18 octobre 2018

LIVRES O CŒUR (20 & 21 octobre 2018)

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C'était il y a un an et demi, dans un autre salon en bord de Loire, je passais un week-end délicat, solitaire, et je parcourais les allées, histoire de voir des gens nouveaux : un écrivain d'Orléans, Noëlle Mirande, m'a retenu, pour se présenter et me parler du projet qu'elle avait lancé, de créer sur Orléans un festival...
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C'est curieux, j'étais très malade, très faible et c'est souvent à ces moments qu'on prend les décisions importantes : j'ai rejoint le groupe que Noëlle formait, et puis à mon tour, j'ai invité des gens à participer autour de moi... Et puis je me suis lancé dans la réalisation d'une petite exposition sur le thème de la couverture de livre, depuis les belles reliures du XIXème siècle jusqu'à aujourd'hui.
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Ce week-end, venez donc nombreux au salon :
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Samedi 20 octobre et dimanche 21 octobre 2018
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Parmi les invités, Jean-Paul IMBAULT, Gordon ZOLA, Philippe GEORGET, MANCHU, Julien NORWOOD...
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Venez donc vous promener au festival LIVRES O CŒUR, participer aux animations, aux tables rondes, voir les expositions, et rencontrer les auteurs et vous pouvez même venir samedi et dimanche, car les auteurs ne sont présents qu'une seule journée. Et puis, vous pourrez voir de près cette image et visualiser le destin étrange qui a été le sien :
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dimanche 14 octobre 2018

Le mouvement du soir (Paul Éluard)

© Edition Seghers
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     Petit feu d'occasion miroir
     Abeille et plume détachée
     Loin de la gerbe des rues
     Des familles des retraites
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     Devant tes yeux petit feu
     Qui soulève tes paupières
     Et qui passe et qui s'en va
     Dans le soir limpide et frais
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     Vers d'autres yeux tout pareils
     De plus en plus assombris
     De plus en plus achevés
     De moins en moins existants
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Quand je lis du Paul Éluard, j'ai une sensation très voisine de celle que je ressens devant une œuvre de Matisse : une trompeuse simplicité, et une lumineuse obscurité, ça chante, ça vibre et pourtant je me sens incapable d'en traduire un bout de sens. Et ils sont d'une ingénue nécessité...
Tiens un bonus, le suivant :
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MÊME QUAND NOUS DORMONS
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     Même quand nous dormons nous veillons l'un sur l'autre
     Et cet amour plus lourd que le fruit mûr d'un lac
     Sans rire et sans pleurer dure depuis toujours.
     Un jour après un jour une nuit après nous.
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Ces deux poèmes sont issus du recueil le « Dur désir de durer »(1946), « Le temps déborde » (1947) et dont j'ai en main une réédition par Seghers de 1960.
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© Le Rêve (Henri Matisse)

samedi 13 octobre 2018

Bepi-Colombo : 38 ans de réflexion

Une attente d'une semaine pour une mission au long cours : conçue dans le cours des années 1980, par les Européens, cette mission d'étude de la planète Mercure présentait de grandes difficultés, d'autres projets lui furent préférés, néanmoins l'étude de Mercure à l'aide d'une sonde puissante fut maintenue.
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© EADS ASTRIUM/ DPA
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Toutefois, certaines difficultés, comme la propulsion électrique n'ont été surmontées que très récemment.
Le premier projet est abandonné au profit de la sonde Messenger développé par la NASA, Messenger sera donc la première à cartographier la petite planète brûlante.

En 1997, les Européens de l'Agence Spatiale Européenne (ESA) s'accordent pour mener cette mission, conjointement avec les Japonais de l'agence JAXA. Les études vont se poursuivre sur les vingt années suivantes : il est aussi complexe de s'éloigner de la Terre vers les planètes extérieures que d'insérer un objet dans le voisinage du Soleil. Désormais que la technologie des moteurs ioniques a atteint un stade de fiabilité suffisant, Bepi-Colombo est équipée de 4 moteurs ioniques fournissant chacun une poussée de 145 milliNewton et a amené pour alimenter la sonde en énergie à l'équiper de grands panneaux solaires, capables de supporter la chaleur (Mercure orbite à 60 millions de km du soleil et la chaleur de sa banlieue, considérable, nécessite des boucliers et des précautions multiples).
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© plan AIRBUS
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La sonde comprend quatre éléments :
. le module MTM assure la propulsion de l'ensemble (et il protégera les instruments de l'orbiteur MPO qui ne fournira aucune image avant 2026)
. l'orbiteur MPO (Européen) se mettra en orbite autour de Mercure afin de l'étudier et de fournir des images de sa surface.
. un bouclier thermique protège le second orbiteur MMO, Japonais celui-là, qui étudiera le magnétisme de Mercure.
Le voyage de la sonde vers Mercure durera sept années, et donc nous ne verrons rien avant 2026, date de l'insertion en orbite et de séparation des orbiteurs. 
L'étude de Mercure par les orbiteurs MPO et MMO est prévue sur une année, plus une seconde année en option.
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Lancement : à partir du 20 octobre 2018 par une fusée Ariane 5 dont voici des images de la pose des logos !
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